La lettre des policiers

Par samedi 15 mai 2021 Permalink 1

La lettre des policiers démarre par ce qui probablement fait le plus mal aux gendarmes et aux fonctionnaires de police. Ils n’ont pas les instructions nécessaires pour rétablir la sécurité dans les territoires qualifiés de perdus parce qu’ils échappent dorénavant à l’autorité de l’état, parce qu’ils ont été perdus par la France. Depuis longtemps, les policiers pensent, et en particulier les CRS, qu’avec des ordres clairs ce qui veut dire avec du courage politique, ils sont tout à fait capables de remplir leur mission de tranquillité publique partout en France.

La tribune critique ce protocole compassionnel républicain qui consiste à se lamenter au plus au niveau sur le triste sort des victimes pour éviter d’avoir à réagir sérieusement contre leurs bourreaux. Les phrases pleurnichardes du président de la république ou du premier ministre quels qu’ils soient, deviennent insupportables à entendre alors que l’intervalle entre deux crimes odieux se resserrent et qu’entre temps strictement rien n’a été fait.

Si Gérald Darmanin appelle ses policiers des soldats, ceux-ci le prennent au mot en réclamant d’être réarmés “matériellement, moralement et juridiquement”. La lâcheté du politique éclate ici au grand jour; il se gargarise de mots oublieux des actes que, si il avait du courage, il préférerait accomplir.

Si la lettre attend patiemment les dernières lignes pour employer le mot immigration, la problématique est en filigrane dans toute la deuxième partie. Elle parle de reconquête sans préciser mais cette reconquête est bien comprise comme sur les banlieues que les immigrés avec des papiers français ou pas, peu importe en fait, ce sont les mêmes, se sont appropriées. Elle parle de l'”hostilité d’une partie de la population” et tout le monde sait bien que cette fameuse partie est musulmane. Elle parle de “chaos” et tout le monde sait que les agents provocateurs qui veulent voir disparaître la France, viennent du monde arabe et d’Afrique équatoriale.

Alors avec honneur, ces policiers demandent que demain les forces armées n’aient pas à se substituer à eux pour rétablir l’ordre. Loin de renoncer, ils veulent pouvoir accomplir leur métier complètement avec tous les risques que cela comporte. Tout dépend maintenant du pouvoir exécutif.

Pour finir, disons sans ambages que cette lettre était nécessaire non seulement pour prendre acte de l’état du pays mais aussi pour réhabiliter la police dans l’esprit des honnêtes gens puisque, à une époque, elle n’a pas su faire de différence entre un gilet jaune et une racaille, voire puisqu’elle s’est comportée plus durement avec le premier qu’avec le second!

Frédéric Le Quer

PS: Tentative mercredi prochain de récupération politique de la part du ministre de l’intérieur. Il veut participer au rassemblement des policiers, mercredi, devant l’Assemblée nationale comme si il était encore dans leur camp!!!

PS; ci-dessous, la lettre des policiers adressée au président de la république, aux membres du gouvernement et aux parlementaires:

Conscients de vos prérogatives constitutionnelles et de vos obligations, nous vous demandons solennellement de tout mettre en œuvre pour mettre fin à la situation gravissime que traverse la France en matière de sécurité et de tranquillité publique.

Aujourd’hui l’autorité de l’État est battue en brèche par des minorités violentes. Les lois ne sont plus appliquées dans les territoires perdus de la République.

Or, les policiers et les gendarmes sont les gardiens de la paix et les protecteurs de nos institutions. Ils sont la clé de voûte de toutes nos libertés. Sans sécurité, il n’y a point de libertés.

La multiplication des attentats et des agressions violentes dirigées contre nos gardiens de la paix publique démontrent un refus de nos valeurs républicaines, de nos coutumes et de notre modèle de société dans des pans entiers de notre nation. Le meurtre sauvage à Avignon d’un de nos policiers gardiens de la paix en est la tragique illustration.

Les attaques de commissariats, à force ouverte, par des hordes d’individus armés et cagoulés se propagent sur notre territoire en toute impunité, les violences aux personnes se répandent jusque dans l’intimité des résidences familiales et la seule réponse à ces crimes contre les forces de l’ordre réside dans des incantations compassionnelles qui demeurent sans effet sur le quotidien des Français.

Comme l’a souligné un ministre de l’Intérieur en quittant son poste, le pays s’est fragmenté en enclaves où l’on vivait jadis côte à côte et où l’on vit désormais face à face. Un face à face qui nourrit le communautarisme et menace la paix civile.

Comme les deux fonctionnaires lâchement assassinés récemment, nous avons contribué à combattre sans relâche la criminalité et à rétablir l’ordre public durant des décennies.

Le ministre de l’Intérieur a déclaré à Avignon que les forces de l’ordre devaient mener une « guerre » sans merci contre les trafiquants de stupéfiants et d’armes, et que les policiers étaient des « soldats ».

Certes, mais des soldats désarmés sont de simples cibles. Voilà pourquoi il convient de les réarmer matériellement, moralement et juridiquement pour leur permettre de mener à bien leurs missions sans risquer leur vie à tous les coins de rue.

Les policiers se heurtent aujourd’hui à l’hostilité d’une partie de la population et de certains politiciens dévoyés, ils doivent se justifier en permanence devant leur hiérarchie, les magistrats, les préfets et s’incliner devant le tribunal de l’opinion publique.

Il est temps de prendre des mesures efficaces pour reconquérir notre propre pays et rétablir l’autorité de l’État partout où elle est défaillante.

Il est temps de faire respecter les valeurs de la France et de ne plus accepter l’inacceptable.

Il est temps de réagir.

Les policiers et gendarmes ont déjà payé un lourd tribut en vies humaines et en blessures irrémédiables : la peur doit changer de camp.

Les familles des policiers et gendarmes doivent être protégées et les policiers doivent retrouver leur fierté d’exercer le plus noble métier qui soit : celui de protéger les citoyens et de les défendre.

La réponse pénale doit être adaptée de telle manière que les condamnations soient réellement exécutées et à la hauteur des forfaits commis.

L’urgence commande également de contrôler l’immigration clandestine qui gangrène de nombreux quartiers et contribue à alimenter désordre et délinquance.

L’anarchie est partout quand la responsabilité n’est nulle part.

La France ne doit pas basculer dans le chaos. La police française ne peut pas tolérer que demain les forces armées la remplacent pour éviter une guerre civile.

Nous formons le vœu que notre appel au sursaut national soit entendu par les pouvoirs publics et nous joignons nos voix à celles de nos camarades militaires qui se sont exprimés en premier.

Les défis à venir sont cruciaux. Nous sommes déterminés à aider nos collègues en activité à faire face et à recouvrer leur considération perdu

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