La justice libère les trafiquants

Par jeudi 21 juin 2018 Permalink 2

Nous nous inquiétions de le déliquescence des services publics au travers le stress du personnel hospitalier et du manque de soin des patients.  ( https://politiqart.com/hopital-les-medecins-souffrent-les-patients-crevent/ ) et ( https://politiqart.com/lhopital-en-pleine-crise-de-nerf/ ). Aujourd’hui notre justice à flux tendu victime d’un grain de sable se ridiculise. Le grain de sable, c’est le juge malade. Le ridicule correspond à la libération de 12 trafiquants de cannabis, cocaïne et héroïne. Comme il était impossible de juger ces gens le jour prévu à cause de la maladie du juge, comme ce jour était pour des raisons procédurales pratiquement leur ultime journée de détention, comme il était impossible de trouver un juge remplaçant au pied levé, le procès des délinquants présumés a été reporté sine die. Ils paraîtront libres devant la cour si on trouve le créneau pour les caser et s’ils veulent bien y aller! On peut penser sans risque de se tromper que ceux qui encourent les plus fortes peines vont prendre la poudre d’escampette! La justice a donc libéré de dangereux trafiquants de drogue faute de moyens financiers.

Les policiers qui ont dû planquer des semaines et des mois pour arrêter cette équipe, doivent être complètement dépités. Sont-ils pour autant surpris? Peu probable. Par rapport à la moyenne de l’Union Européenne, la France a deux fois moins de juges et quatre fois moins de procureurs. Cette affaire prouve encore que nos services publics sont à l’agonie. C’est un peu du patrimoine commun que l’état laisse péricliter. C’est la richesse de tout un pays, de chacun de ses citoyens, que le gouvernement rabiote projet de loi après projet de loi. Macron est une sorte de libertarien favorable à la loi du plus fort, en quête de privatisation systématique pour soi-disant des raisons budgétaires. “Soi-disant” parce qu’on est là dans une certaine philosophie de la vie et de la société plutôt que dans les restrictions. Rien n’est jamais trop beau pour les riches (abolition de l’exit tax ou de l’impôt sur la fortune entre autres), y compris pour lui avec sa piscine du fort de Brégançon ou son service de table en porcelaine de Sèvre à 500 000 €,  mais tout est trop coûteux pour le peuple. Du numerus clausus en médecine au concours de la magistrature, tout est fait en amont pour que les citoyens soient de moins en moins aidés, de plus en plus laissés à eux-mêmes. On est en plein dans l’appauvrissement de la France mais aucun PIB ne le mettra en évidence.

Frédéric Le Quer