La grève du 9 janvier

Par jeudi 9 janvier 2020 Permalink 4

Comme il fallait s’y attendre, le gouvernement est ce soir dans un corner. Alors qu’il souhaitait le pourrissement du conflit, la mobilisation partout en France bat des records depuis le début de la contestation. La question des régimes spéciaux à la SNCF et à la RATP fait tache d’huile. Tous les salariés à part ceux qui ont obtenu des passe-droit sur leur régime de retraite, sont maintenant effrayés par la réforme. C’est une victoire pour Philippe Martinez et la CGT qui ont alerté sur les dangers de la retraite à point. On ne voit pas comment la CFDT de Laurent Berger pourrait passer un accord avec Edouard Philippe sans être complètement désavouée par sa base.

Il reste trois solutions pour le gouvernement.

La première est de retirer purement et simplement sa réforme. Ce recul en rase campagne sonnerait rapidement le glas du gouvernement Philippe.

La deuxième est de laisser tels qu’ils sont les régimes spéciaux de la SNCF et la RATP en espérant ainsi la déliquescence de la contestation et faire comme d’habitude payer le poids de la rigueur budgétaire aux mêmes, à ceux dont le pouvoir de nuisance est quasiment nul et qui subissent le joug de l’ultralibéralisme macronien. Cette issue moralement indéfendable est très risquée. Elle accentuerait dans l’opinion l’image extrêmement négative du président en ranimant possiblement le mouvement des gilets jaunes, ce mouvement des invisibles comme aimaient à les appeler les sociologues et les politiques, qui savent maintenant entrer dans la lumière de la lutte des classes.

La troisième solution est pour le gouvernement de continuer à jouer l’autiste, de subir les manifestations tout en les réprimant de manière de plus en plus brutale et de faire passer sa loi avec ses députés godillots qui la voteront comme un seul homme, comme si rien ne se passait dans les rues de France.

Je parie pour cette dernière hypothèse mais dans ce cas, socialement, la pays part à l’aventure. Macron pourra-t-il tenir à l’Elysée encore deux ans. ça, je ne le pense pas. La grève du 9 janvier restera dans les mémoires.

Frédéric Le Quer

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