La détestation envers la police

Par dimanche 4 août 2019 Permalink 3

La détestation (on dit désamour en nov’langue) entre la police et la population est le signe d’un changement de régime. “La peur du gendarme” a muté en quelque chose de plus ambiguë. La légitimité même de ses interventions est remise en cause. Elles sont ressenties comme injustes, arbitraires. Derrière les contraventions, les arrestations, ce sont leurs motifs qui révoltent. Deux raisons principales sautent aux yeux d’ailleurs plus dues au pouvoir qu’aux flics qui ne sont que des exécutants.

La première correspond évidemment à l’inégalité de traitement. Sur le territoire d’abord avec des zones entières de non droit pour lesquels les lois de la république s’appliquent peu, remplacées soit par celles des gangs, soit par celles de l’islam. Du coup, ailleurs, là où le citoyen doit plier l’échine, il rechigne se sentant comme un bouc émissaire. Mais l’inégalité de traitement apparaît aussi dans l’échelle sociale. Les amendes, par exemple, auxquelles on n’échappe pas dès qu’on a une voiture, agissent comme un impôt indirect plus injuste que la TVA puisqu’elles deviennent complètement exorbitantes pour une catégorie de citoyens alors qu’une petite partie de la population a les moyens de s’en accommoder. Les restrictions du droit à la libre circulation selon qu’on peut se payer un véhicule neuf ou pas sont aussi des matières évidentes à rébellion. Bref l’étau qui est constamment resserré contre ceux qui se sentent en fait des “bons pères de famille”, n’est plus accepté.

La seconde raison de cette détestation vient évidemment des violences perpétrées contre des citoyens qui manifestent pour un meilleur niveau de vie. La police devient le bras armé d’une classe sociale oppressive caractérisée par son aisance financière contre celle qui défend son bout de gras. C’est bien sûr la lutte des classes que même le pathétique parti communiste jugeait disparue et dans laquelle la police a pris partie pour les plus riches, qui crée les tensions. Les inégalités criantes perceptibles à tout moment deviennent implicitement soutenues par les fonctionnaires qui les garantissent, les perpétuent. La réaction des syndicats de police qui en décembre 2018 sont allés à la soupe auprès du gouvernement après lui avoir fait savoir que s’il voulait être protégé, il devrait casqué, a laissé une image déplorable de la corporation qui a pris ensuite fait et cause contre les gilets jaunes.

La police ne peut être au service d’une catégorie sociale. Quand elle est héroïquement au service du peuple français contre le terrorisme islamiste, elle est soutenue et aimée. Actuellement, elle se galvaude comme elle l’a fait dans d’autres pays au service de régimes staliniens ou fascistes, en s’en prenant à la population.

Frédéric Le Quer

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