La déontologue putative

Par vendredi 26 juillet 2019 Permalink 6

Je sais, c’est du réchauffé. L’affaire de Rugy, qui peut-elle encore intéresser après que le gouvernement avec une fermeté remarquable a jeté le mis en cause entre les mains de la déontologue de l’assemblée nationale? Mais, moi, j’aime bien. Je me délecte à voir ces pourris. J’ai envie de les baffer. Ils font ressortir mes pulsions sadiques.

“De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace” disait Danton à la tribune des représentants du peuple. Et c’est cette audace qu’a eu le gouvernement adroitement aiguillonné par Emmanuel Macron, ce spécialiste français des repas au frais de la princesse de Bercy à Las Vegas, quand il a pris sa décision. Sans hésiter, après qu’en août 2017, sur proposition du président de l’assemblée nationale, un certain François de Rugy, Agnès Roblot-Troizier ait été nommée par le Bureau de l’Assemblée nationale, déontologue de l’Assemblée nationale, le premier ministre refile le bébé, un hasard, n’en doutons pas, à cette femme insoupçonnable. Si insoupçonnable qu’elle n’a à aucun moment pensé à se démettre compte tenu du lien qui la liait avec Rugy. L’éthique, la déontologie semblait pourtant ressembler à ça… Mais chez ces gens-là, on est au-dessus de ce genre de contingence… Comment les mauvaises langues peuvent-elle voir un rapport entre elle et celui à qui elle doit ce job grassement rémunéré en plus de celui de juriste? Non, non, Roblot-Troizier est d’une rigueur exemplaire, rigueur que le monde entier observe avec admiration. Et que quelques dictatures regardent avec envie…

Résultat, Rugy devra rembourser 30 € de homard. Rien que ça! Fallait oser! Sans doute, la déontologue s’est-elle dit que pour un gilet jaune, c’était un pactole 30 €… Bon certainement que l’élu de Loire Atlantique a des combines pour l’achat pas cher de crustacés. D’ailleurs, s’il avait voulu gaspiller l’argent de l’état, l’inénarrable Jean François Kahn explique que le tournedos Rossini coûte bien plus cher… Oui, oui, il l’a dit et si vous ne me croyez pas, allez voir sur LCI entre 18 et 20h, il y a 3 jours. Ah! Certains journalistes en savent décidément long sur les fastueux dîners donnés par la classe politique auxquels ils participent… Professionnellement, bien sur, pour avoir des infos de première main, évidemment… Certains sont même choqués que Rugy ait démissionné… C’est dire si il y a longtemps qu’ils font trempette dans le pot de confiture. Avec ces larbins, l’information c’est de la propagande!

Et puis si l’affaire de Rugy se compliquait, c’est peu probable, ce dernier pourrait demander les services du mari d’Agnès Roblot-Troizier, cette femme à l’éthique… en toc! Son avocat actuel m’a semblé un peu perdu au niveau du dressing qu’il considère plutôt comme un placard… Elle est l’épouse d’Arnaud Troizier, avocat associé d’un cabinet d’affaire chargé des partenariats public-privé et des marchés publics. Des marchés publics… ça tombe bien pour les rénovations indispensables de l’hôtel de Roquelaure décidées par le ministre d’état.

Bref on a compris: quand on veut voir une belle réhabilitation d’un bien national, il faut autoriser la classe politique à y habiter et l’argent est immédiatement trouvé. Sinon il reste le loto du patrimoine…

Frédéric Le Quer

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