La délation va avec les mesures gouvernementales

Par vendredi 1 mai 2020 Permalink 1

Après le 11 mai, il apparaît clairement que de nombreuses règles, quasiment impossibles à respecter dans leur ensemble, seront prétextes à contravention, à arrestation, à séquestration. L’arme de la délation va se révéler décisive pour brider les libertés individuelles.

Déjà rares sont les maires en province qui n’ont pas été contraints de recevoir tel ou tel de leurs administrés bien intentionné, venu dénoncé son voisin habitant habituellement en ville et se confinant à la campagne, à la mer, à la montagne; rares sont les gendarmeries à ne pas avoir reçu des lettres de corbeaux avec les mêmes intentions.

On s’amusait hier avec un ami d’un honnête citoyen venu se plaindre au maire d’une petite île bretonne de la présence d’un “parisien” pour le confinement, pourtant là depuis le début, et bien que l’endroit n’a jamais vu avant ou après, de prêt ou de loin, le moindre coronavirus en action. “Bah! Sa mère couchait déjà avec des allemands pendant la guerre”, me dit mon interlocuteur. Nous comprîmes alors tous deux en riant que le problème était génétique!

Mais voilà ce qu’est en train de réveiller le gouvernement avec ses lois liberticides! La haine entre français peut naître d’une alchimie entre la jalousie et la peur. Un girondisme, pour reprendre un terme à la mode, un girondisme dévoyé s’installe tranquillement sur la base du rejet de l’autre. Le localisme devient une xénophobie sous prétexte du risque que ferait peser les citadins sur ceux qui se considèrent souvent avec raison comme abandonnés par l’état, par leur propre pays. Mais de prendre une revanche mesquine entretenue par un pouvoir qui divise la France en rouge, vert et orange.

Le problème de la délation ne s’arrête néanmoins pas à des frontières géographiques. Sous prétexte de civisme, il est à parier que la connaissance d’un covid-19 testé, s’il y a des tests après le 11 ami, va entraîner des atteintes à la vie privée pour ceux qui par malheur auront croisé le malade. On n’ose y penser tant cela peut devenir vertigineux!

La peur alimentée chaque jour, chaque heure, exagérément, devient l’outil rêvé pour diviser et continuer à régner, grâce à l’angoisse créée par une épidémie dont on ne comprend pas grand chose, sur un pays aveuglé qui aime à mettre au ban de la société ceux dont la vision a l’audace de ne pas être apocalyptique.

Frédéric Le Quer

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