La crise migratoire à son paroxysme

Par vendredi 22 juin 2018 Permalink 1

La proposition d’expulser d’Allemagne tous les demandeurs d’asile déjà enregistrés dans un autre pays européen a été mise sur la table par le ministre de l’intérieur Horst Seehofer. Dans ces conditions, le mini sommet européen à venir sur l’immigration apparaît de plus en plus comme un gag. Non seulement l’Union Européenne est très divisée, le groupe de Visegraad n’y participant pas, mais dans le sein du gouvernement du pays le plus important de l’UE, Merkel et le bavarois Seehofer (CDU) envisagent la crise migratoire de manière totalement opposée. Le risque de voir la gouvernement Merkel sauté si ce n’est dans les jours à venir, du moins à l’automne prochain après les élections en Bavière où la CDU est en train de se faire déborder par l’AfD, n’est plus du tout une hypothèse d’école.

Dans cette affaire européenne, les gouvernements français et espagnols jouent le rôle des ravis de la crèche! Avec eux tous les habitants des pays pauvres peuvent entrer en Europe et tant pis pour les européens qui n’auront qu’à se pousser. L’histoire des étudiants espagnols relogés ailleurs pour laisser la place aux migrants de l’Aquarius en dit long! Mais face à eux un front s’organise. Le groupe de Visegrad, l’Autriche, l’Italie trouvent des alliées du coté du Danemark ou de la Finlande et au sein même du gouvernement allemand pour enfin bloquer les migrants en Afrique comme nous, nous les bloquons à Calais afin de protéger le Royaume Uni, et pour expulser vraiment une bonne partie d’entre eux en situation irrégulière. Les temps sont à fermer à double tour les frontières. Si l’espace Shengen s’y refuse sous des prétextes humanitaires contestables puisqu’il s’agit en fin de compte de prendre aux uns, les européens, pour donner aux autres, les migrants, chaque pays va s’en charger dans son coin. On a vu en Hongrie que construire des murs étaient une solution efficace.

La crise migratoire s’ajoute au clivage économique et financier nord-sud de l’UE. Cette organisation supra nationale n’est plus qu’un champ de ruines ne tenant que par la monnaie unique. L’€ qui aurait dû être un aboutissement, sert à cimenter dorénavant les liens entre les pays. C’est mettre cul par dessus tête!

Frédéric Le Quer