La conférence de presse de Carlos Ghosn

Par mercredi 8 janvier 2020 Permalink 1

Dans la petite histoire du capitalisme moderne, la conférence de presse de Carlos Ghosn est surement un événement majeur. La grandeur et la décadence du capitaine d’industrie est incontestablement une scène de la vie planétaire de la comédie humaine! Le génie de l’industrie automobile mondiale s’est défendu de tout pied à pied.

La péripétie la plus savoureuse de cette aventure, c’est à dire l’évasion du Japon de Carlos Ghosn, a été complètement passé sous silence. Surement une histoire de gros sous avec Netflix ou un autre. On ne saura rien de l’étui pour instrument de musique dans lequel il se serait enfui, bien caché…

Le fond de la ténébreuse affaire intéressera les spécialistes. Impossible pour les autres de trancher.

Il apparaît néanmoins objectivement que Carlos Ghosn a été très mal remercié par le Japon pour avoir sauvé Nissan même si le mégalomane s’est copieusement servi. La justice nippone n’a probablement pas tort sur tout même si ses méthodes à l’encontre d’un homme habitué à un luxe inouï semblent exagérément intransigeantes.

Vis à vis des autorités françaises, Ghosn a laissé transparaître ses sentiments en répondant à une question. On sait qu’il ne s’est jamais entendu avec Macron. L’ex patron de Renault s’estimant un citoyen français déclare, un peu crispé, ne pas être au dessus mais aussi pas en dessous de n’importe quel autre citoyen français. La réponse en dit long sur le fait qu’il pense, surement à juste titre, avoir été abandonné par nos autorités. Il s’agit encore d’une faute du pouvoir actuel qui préfère avoir un vue courte en maniant les petites mesquineries que de considérer l’importance de soutenir un personnage historique de nationalité française.

Quant au Liban, le pays s’offre une magnifique publicité lui donnant des galons de démocratie bien immérités quand on sait que ce pays règle ses conflits religieux à coup de mitraillettes et que le fondamentalisme chiite tient l’état.

Ghosn, le grand industriel visionnaire est apparu quand il a fustigé les erreurs successives de management chez Nissan, Renault et Mitsubishi depuis son départ. Il garde incontestablement cette alliance, le coup de maître de sa vie, dans son cœur.

Le franco libano brésilien a lors de cette conférence de presse eu ses accents les plus sincères, les plus émouvants même, en parlant des japonais. Il a aimé ce pays et son peuple, c’est une évidence. Mais il paie la seconde place de Nissan dans l’alliance derrière Renault, seconde place qui est plus imputable aux dirigeants français (ce n’est pas là une critique à leur encontre) qu’au patron de l’entreprise. Quel ironie de voir l’un des hommes les plus importants au monde avoir joué les fusibles!

Frédéric Le Quer

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