La bourse baisse. Et, alors?

Par lundi 5 février 2018 Permalink 7

La bourse baisse ces derniers temps mais les krachistes doivent-ils pour autant crier victoire? D’abord, depuis le 1er janvier, le score du CAC 40 est encore positif d’environ 1%. Mais cela ne veut rien dire car les cours peuvent vite dégringoler! La question que tout le monde se pose est de savoir s’ils vont effectivement dégringoler…

En fait la question peut être formulée autrement: les banquiers centraux vont-ils laisser les bourses mondiales sombrer sans rien faire? Ce sont eux qui ont organisé la hausse depuis 10 ans en ne voulant considérer la crise des subprime que comme un problème de liquidité. De la liquidité, les investisseurs en ont alors eu des tonnes, i. e. les banques centrales leur ont prêté de l’argent pour rien, juste pour qu’ils puissent jouer, pour qu’ils se mettent en risk off comme disent les anglo-saxons; elles ont fait s’effondrer tous les rendements obligataires. Depuis de longs mois la FED a décidé de faire remonter le rendement du 10 ans américain. Cela n’a ému personne parce que sa politique continuait d’être très laxiste, on dit accommodante. La hausse du taux souverain américain était un peu pour épater la galerie! Jusqu’à ces derniers jours… Maintenant certains économistes envisagent plus sérieusement le risque d’inflation car les salaires auraient tendance à monter un peu… Quand les salaires montent, l’entreprise veut néanmoins conserver ses marges et augmente ses prix de vente… les prix de ventes augmentent, les salaires cherchent à s’ajuster. C’est le cercle vicieux. Qu’on veuille faire grimper les taux sans inflation, c’était bizarre, mais comme tout est bizarre économiquement dorénavant, les investisseurs laissent manœuvrer les banques centrales en toute confiance. Mais les investisseurs ont peur aujourd’hui de l’inflation, la vraie, celle du prix du pain, pas celle des actifs pour milliardaires, car l’histoire économique a montré qu’elle devient incontrôlable. Et en ce moment ils perdent un peu leur confiance vis à vis des banquiers centraux ou en tout cas ils les préviennent qu’il faut agir.

Evidemment les banquiers centraux vont, s’il est nécessaire, racheter plus qu’hier encore les dettes souveraines de tous les pays et introduire de la liquidité à n’en plus finir. S’il est nécessaire, ils tenteront même de revenir aux taux négatifs pour que les investisseurs continuent d’acheter des actions. Ils ne vont pas abdiquer à la première alerte, enfin la deuxième il y a eu les chinois il y a deux ans. Il vont faire remonter la bourse au cric encore une fois et forceront les gouvernements à une politique de rigueur sur les populations pour éviter l’inflation, rigueur qu’ils ne s’appliquent pas à eux-mêmes évidemment. L’important est de toujours reculer l’inéluctable. Le remettre à plus tard. A plus tard. A plus tard. Et l’inéluctable, c’est que tout ce pognon créé sans création de richesse de l’autre coté de la balance, qui n’a pas de sens, finira un jour ou l’autre par ne rien valoir. Ce n’est pas une prédiction sur laquelle il faut jouer car un jour ou l’autre, ça peut être long. Mais tout s’effondrera, c’est sûr comme deux et deux font quatre.

Frédéric Le Quer