Jules René Hervé (1887-1981)

Par vendredi 17 décembre 2021 Permalink 3

Jules René Hervé est le peintre d’une France qui n’existe plus, celle d’un Paris adoré des anglo-saxons et que les esprits forts verront comme un cliché, celle des processions religieuses dans une jolie campagne qui avancent sans crainte d’être attaquées par une horde de musulmans déchaînés, celle de l’école républicaine et de la communion catholique, celle où les enfants jouaient dans les bois sans se sentir obliger de brûler des voitures à la Saint Sylvestre, celle où quarante millions d’habitants suffisaient à en exalter la grandeur, la beauté des paysages, l’unité. Cette France qu’on sait encore avoir existé mais qui bientôt ne sera plus qu’une légende racontée par une grand-mère un peu timbrée à des petits enfants croyant entendre des sornettes ou de la science fiction, est brossée par ce peintre avec tendresse et poésie. Jules René Hervé fait revivre sous nos yeux incrédules l’air du temps, l’air révolu du temps passé. Comme il a dû l’aimer ce peintre qui pendant quatre années batailla dans les tranchées de la première guerre mondiale. Comme il a dû se sentir épuisé quand il compris à la veille de la seconde guerre mondiale qu’il n’était plus dans le coup, que le foultitude de nouvelles écoles de peintures toutes plus intellectuelles les unes que les autres prenant leur essor en France l’avait ringardisé. Oublié, il quitta alors la vie publique avec ses médailles d’or su Salon des artistes français de 1925 et de l’exposition universelle de 1937.

Mais en ce début de XXIe siècle réactionnaire, les collectionneurs se ré-intéressent à cette peinture d’Épinal qui les rend nostalgiques. Jules René Hervé a ses amateurs en salles des ventes et de quelques centaines à trois, quatre mille euros maximum, ses tableaux trouvent toujours preneurs. Ainsi lors de la vente de la maison Millon à Drouot le 16 décembre 2021, deux huiles sur panneaux étaient présentées. Les bouquinistes en une, 27 x 22 cm, étaient adjugés 1625 €. Le marché aux fleurs de l’Île de la Cité, ci-dessous, de même taille, trouvait preneur à 1430 €.

Ci-dessous, la promenade d’enfants dans le bois (38 x 46 cm), une huile sur toile présentée par Rossini SVV requérait environ 4000 €.

Autre exemple avec un marché en Normandie (38 x 46 cm), une huile sur toile qui fit environ 2000 €.

Terminons par ces mamans, une huile sur toile, 27 x 22 cm, qui chez Briscadieu à Bordeaux exigea simplement un peu plus de 600 €.

Frédéric Le Quer

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