Italie: Mouvement 5 étoiles-La Ligue

Par Jeudi 10 mai 2018 Permalink 3

Il est parfois de bonnes nouvelles, de celles qui réjouissent les patriotes de tous les pays, qui redonnent un peu d’espoir dans une actualité délirante, de celles qui entraveront à coup sûr la bonne marche de l’ultralibérale union européenne. Non, évidemment ce n’est pas le prix devenu bidon que va recevoir Emmanuel Macron pour service rendu aux multinationales de la part de Bruxelles. ça, c’est le genre d’événement à mettre dans la colonne “Mais que font les black blocs?”. Non, la bonne nouvelle est qu’enfin le vieillard Berlusconi toujours leader de la droite italienne, ait décidé de ne pas voter contre une alliance entre La Ligue, parti auquel il était lui-même lié lors des législatives, et le Mouvement 5 étoiles.

Berlusconi avait perdu les élections de mars dernier mais il avait gardé un pouvoir de nuisance. Les 13,9% de Forza Italia loin derrière son allié La Ligue à 18% n’empêcheront plus le parti indéniablement vainqueur, Le Mouvement 5 étoiles, de diriger l’Italie en s’alliant avec La Ligue. Quand moins de 14% de votants interdisaient au parti qui en a eu 31,9 % de gouverner, on était dans un scandale démocratique à l’italienne. Une alliance logique rassemblant les deux premiers partis d’Italie, Mouvement 5 étoiles et La Ligue va donc probablement devenir l’énorme épine dans le pied de Bruxelles, une épine qui risque de lui faire très mal, une longue épine partant des anciens pays du bloc soviétique jusqu’aux rives de la Méditerranée.

Mais on l’a échappé belle! Le président italien était déjà prêt à former un gouvernement soi-disant neutre, technique, enfin un machin qui aurait rejeté le pays dans le giron de Bruxelles malgré la volonté populaire. Maintenant Salvini, patron de La Ligue et Di Maio du Mouvement 5 étoiles ont une responsabilité historique, celle de se mettre vite d’accord. Sur l’immigration, sujet devenu majeur dans la péninsule, ils sont sur la même longueur d’onde. De l’Union Européenne, ils en pensent autant de mal l’un que l’autre et du monde politique italien assez pourri aussi. Il reste la pomme de discorde avec les réformes économiques et sociales à effectuer. La presse va se charger de les monter en épingle pour dynamiter le rapprochement.

Néanmoins, après la désolante victoire de Macron, Rome peut devenir  un extraordinaire contre-pouvoir à Bruxelles. ça ne stoppera pas tout de suite l’invasion de l’Europe par l’Afrique et le moyen-orient mais l’UE va enfin réfléchir aux dégâts qu’elle cause avec son immigrationnisme exacerbé. Toutes les ong subventionnées par nos impôts pour être des “taxis de la mer” (expression de Di Maio) encourageant les migrants à traverser vont peut être enfin devoir reculer et les Junker, Tusk, Moscovici et consort dégager au plus vite.

Frédéric Le Quer