Italie, faites vos jeux!

D’importants événements politico-économiques se déroulent actuellement en Italie:

-Depuis les élections européennes La Ligue rassemble désormais 35% des italiens au lieu de 17%. En revanche, le poids du Mouvement 5 Etoiles diminue comme peau de chagrin passant dans les urnes de 34% à 17%.
-La crise gouvernementale latente entre les deux partis coalisés pourrait provoquer dès l’automne des élections législatives anticipées, Conte le président du conseil semblant être las. La Ligue prévoit déjà une future coalition gouvernementale avec Berlusconi et un petit parti d’extrême droite. M5S n’a cependant aucun intérêt à se compter actuellement.
-Fort du résultat électoral très favorable, La Ligue hausse le ton aussi bien vis à vis de son partenaire M5S avec par exemple la mise en exergue de grands travaux refusés par ce dernier, que vis à vis de la commission européenne qui accuse le gouvernement italien d'”une déviation nette, claire et assumée” dixit Moscovici, de ses engagements budgétaires.
-Du coup, Bruxelles annonce le lendemain des européennes (si la commission l’avait fait la veille, le nationalisme italien eût propulsé Salvini encore plus haut!) vouloir engager une procédure pour déficits excessifs à l’encontre de l’Italie. Salvini, le ministre de l’intérieur qui, en fait, s’occupe de tout comme un président du conseil, rétorque, guère inquiet, qu’il verra bien…
-Si la dette publique en Italie est de 132% du PIB, le déficit est d’environ 2 %, soit inférieur à la France et absolument pas hors de contrôle. La commission européenne fait donc de la politique vis à vis d’un gouvernement qui ne lui convient pas espérant le pousser à augmenter la TVA ce qui automatiquement le rendrait impopulaire. Evidemment Salvini ne se pliera pas à cette exigence.
-La réforme du système de retraite et la création d’un revenu universel restent d’actualité au grand dame de l’UE.
-L’Italie souffrant beaucoup de l’existence de l’€ envisage sérieusement la mise en place de petites obligations émises par le trésor et garantit par lui (Mini-Bo TS) pouvant jouer le rôle d’une monnaie parallèle. C’est d’ailleurs dans le programme commun de La Ligue et M5S.

Si l’Italie est à un moment charnière, l’Union Européenne ne peut absolument pas voir, après le Royaume-Uni, le pays la renier. Le bras de fer avec Bruxelles n’aura pas lieu sauf à prendre le risque de l’explosion de la monnaie unique et de l’organisation transnationale. Concernant la scène intérieure, Salvini deviendra certainement président du conseil avec ou sans élections anticipées.

Frédéric Le Quer