Intellectuels et gilets jaunes

Par lundi 10 décembre 2018 Permalink 5

La force révolutionnaire existant actuellement en France fait fuser les idées. Les gilets jaunes rendent intelligents les intellectuels. Enfin, pas tous, certains comme Bernard Henri Lévy, Daniel Cohn-Bendit ou Romain Goupil résistent encore et toujours au moindre éclair de lucidité. Néanmoins, de grands noms médiatisés réfléchissent avec empathie au pourquoi du moment et à son issue.

Les intellectuels comme Frédéric Lordon, dans une logique révolutionnaire, au diapason avec les gilets jaunes dans la rue, sous-entendent ou parlent clairement de mettre à bas le régime. Quand on proclame tels Emmanuel Todd (à nouveau heureux d’être français: je répète ses mots de mémoire qui me plaisent car j’ai le même ressenti) ou Jacques Sapir que tout est de la faute à l’euro, l’étape suivante est inéluctablement la fin du système dans lequel la France vit depuis Maastricht. Ses économistes et penseurs ont bien décortiqué la situation: ” Les politiques de « dévaluation interne », qui sont indispensables si l’on veut garder l’euro, n’ont pas encore été pleinement mises en œuvre chez nous, contrairement aux autres pays d’Europe du Sud, mais elles provoquent déjà des réactions de rejet. Le mouvement des « gilets jaunes » en est la conséquence directe.” Alors, Jean Claude Michéa de prévenir dans un autre registre que ceux  “qui se révoltent, refusent avec déjà suffisamment de conscience révolutionnaire d’avoir encore à choisir entre exploiteurs de gauche et exploiteurs de droite.” Et Alain Finkielkraut de préciser en avouant aimer le mouvement depuis le début que si la double angoisse, insécurité culturelle et insécurité économique “nous explose à la figure, c’est quelle a fait l’objet du mépris de l’idéologie dominante”. Michel Onfray, quant à lui, cherche à anticiper sur ce qui pourrait résulter de cette révolution et voit dans les cahiers de doléances, un premier élément positif qui devrait être suivi d’un second constitué par le mandat impératif qui fait de l’élu “le ventriloque” du peuple.

En lisant ou écoutant ces intellectuels, le progressisme de Macron prend un terrible coup de vieux. Celui qui stipendiait à ses débuts l’ancien monde, n’en est en fait que son ultime avatar. Les gilets jaunes personnifient l’espoir et c’est l’honneur de ces intellectuels de les soutenir.

Frédéric Le Quer