Inaugurer les chrysanthèmes

Par vendredi 7 juin 2019 Permalink 3

Décidément, je n’aime pas toutes ces commémorations, prétextes à créer de l’empathie vis à vis du président de la république et d’autres personnalités dont je me fous et leur donner une stature qui par ce genre d’acte unirait la nation. C’est faux. Trop médiatique pour ne pas être bidon. Ces moments ne sont utilisés qu’afin de les substituer à une vraie politique derrière laquelle les citoyens pourraient se retrouver. Des gens sans envergures, remplis d’eux-mêmes, se complaisent à faire semblant de pleurnicher sur un passé qui ne les préoccupe qu’en fonction de l’image qu’ils peuvent en tirer pour leur présent et leur avenir. Des images mièvres où des personnalités dégoulinent d’une compassion obséquieuse. Les télés s’en repaissent. Plus besoin de fake news. La non-information les remplace. Des ti n’enfants chantent. Des vieux tremblotent. Des discours d’officiels dont il ne reste rien le lendemain, scande des scènes se voulant attendrissantes. C’est comme de la télé réalité où l’animateur entoure de son bras protecteur le candidat submergé par l’émotion. C’est de la daube! Pire d’ailleurs que de la télé réalité car derrière ce mauvais théâtre, il y a de vraies tranches de vie. Indéniablement. Des hommes ont vraiment soufferts pour leurs idéaux. Mais leur véritable tourment devient un subterfuge pour ceux qui tiennent le rôle d’admirateur officiel pour se pousser du col, pour associer leur image à la bravoure de ceux qui ne sont rien, mais sans qui le monde serait encore plus laid.

Il fut un temps où De Gaulle se moquait de ces cérémonies bonnes à “inaugurer les chrysanthèmes”. Le pouvoir n’était pas là. Elles sont pourtant devenues des points d’acmé de la fonction présidentielle. Quelle déchéance! Non pas seulement pour un président de la république quel qu’il soit, mais pour notre démocratie toute entière. Car le pouvoir est tellement ailleurs. Tellement loin dorénavant.

Frédéric Le Quer

Laisser un commentaire ?