Hulot est pris au piège

Par vendredi 9 février 2018 Permalink 11

L’affaire Hulot ressemble étrangement à un coup tordu venu de l’Elysée. Le ministre de l’écologie apparaît ces derniers temps de plus en plus comme un électron libre, une sorte de Chevènement ou pour les plus vieux de Jean-Jacques Servan-Schreiber. Démissionnaire impulsif au moindre écart de son patron Emmanuel Macron, Nicolas Hulot n’est pas un homme sûr. Pire, son audience dans les médias (dans l’opinion publique tout le monde se fout de Nicolas Hulot!) le rend susceptible de faire des dégâts, de dégrader l’image jeuniste et amoureux de la planète du président. On se demande bien ce qui resterait alors au président des riches s’il se faisait le héraut des industries polluantes… Hulot est vu comme un gage mais si ce gage décrète que la nature n’est pas suffisamment protégée par les décisions gouvernementales, sa présence devient alors totalement contre productive.

Les constantes menaces du ministre de démissionner doivent donc agacer. Les cellules grises élyséennes peuvent très bien avoir eu l’idée de ressortir les casseroles les moins bien acceptées actuellement pour le neutraliser. Une, voire deux bonnes affaires d’abus sexuels dont une, le comble, avec la petite fille de Mitterrand, et le type se transforme de menace en pantin. Plus question qu’il pose sa démission pour des raisons de politique écologique. Il n’en est plus du tout en capacité. Tout le monde y verra une fuite en rase campagne face aux scandales. Le donneur de leçon se transforme en mauvais élève et prend sa place dans le fond de la classe près du radiateur! Et puis dans quelques mois, lors d’un petit remaniement, Nicolas Hulot sera remercié par le premier ministre. Tchao Hulot! Tchao le casse-couille! Personne n’y verra à redire compte tenu de son affaire et de la volonté de Macron de laver plus blanc. La baudruche Hulot se sera totalement dégonflée.

Frédéric Le Quer