Histoires à dormir debout

Par samedi 16 décembre 2017 Permalink 7

Hier, dans une émission de philosophie sur France Culture, au travers d’un livre d’une disciple de Michel Foucauld, le sujet de la violence était traité par deux femmes avec un certain sadisme. Elle se délectait d’abord d’une horrible histoire de torture qui avait eu lieu à Pointe à Pitre pendant le consulat: un homme, dans une cage avait été placé à califourchon au-dessus d’une lame tranchante. Dès qu’il s’asseyait l’instrument le lacerait et le forçait par réflexe à se relever pour éviter la douleur. Le supplice dura 3 à 4 jours avant qu’il ne mourût vraisemblablement dans d’atroces souffrances. L’écrivaine foucaldienne de qui venait l’anecdote, expliquait aussi que se défendre n’était pas toujours légitime et qu’il fallait savoir supporter l’agression, les petites vexations de la vie quotidienne. Enfin, l’émission intelligente certes mais ennuyeuse valait pour la surprise que j’eus à entendre ces femmes parler muscles et testostérone avec complaisance, avec une certaine jouissance même…

Je finis par zapper, dans la voiture, sur Radio Courtoisie. Un homme, d’une voix grave, récitait des décasyllabes de Francis Jammes. C’était séduisant, plus même, nostalgique et beau. Je n’avais jamais relu depuis les petites poésies d’écolier à apprendre par cœur et à réciter à la maîtresse cet écrivain désuet. C’était une sottise. Ses descriptions de la campagne sentaient la rosée, l’air frais, la brume matinale chassée par le soleil. Les courtes péripéties vécues par les personnages avaient quelque chose de rousseauiste, d’un paradis où les gens à l’état de nature vivaient en harmonie avec leurs sens et leur milieu. L’anachronisme des vers écrits il y a cent ans, faisait in fine douter de l’utilité du progrès tant il semblait beau de courir les champs, en ce temps là.

Enfin, le soir, au dîner, ma femme me raconta l’histoire de cette adolescente qui lui avait parlé de la fougueuse histoire d’amour que Voltaire et Baudelaire avaient eu ensemble! La rime des noms de famille sans doute avait incité cette jeune fille à penser que les deux hommes avaient pu s’aimer. Le mélange était comique mais au moins l’élève avait un jour entendu parler de ces génies français, ils sont si nombreux à ne jamais en avoir eu vent! Avec les années, l’indulgence se substitue peu à peu à l’exigence…

Vous trouverez peut-être ce texte bien décousu! Personnellement, j’ai pensé que ces histoires disaient quelque chose de la société actuelle.

Frédéric Le Quer

PS: en une portrait de Francis Jammes