Haro sur Angela Merkel!

Par samedi 6 juillet 2019 Permalink 1

Angela Merkel qui faisait l’admiration de tous nos médias quand elle décrétait l’envahissement à grande échelle de l’Europe par l’Afrique et le Moyen-Orient, est dorénavant vouée aux gémonies. A les en croire, elle serait devenue une sotte qui se fait rouler dans la farine par Emmanuel Macron! Rien que ça! Celle qui gouverne depuis 15 ans avec des alliances politiques improbables son pays n’aurait donc pas su résister au charme ou au machiavélisme, là ce n’est pas très clair, du français lors de l’attribution des postes au sein de l’Union Européenne. Celle qui a rendu l’Allemagne économiquement plus forte encore au sortir de la crise des subprime, tout l’inverse de Sarkozy, renoncerait à imposer les vues de ses compatriotes sur la finance et la monnaie. Pour un peu, elle prendrait pour modèle les pays du club Med abandonnant ceux de la mer du Nord et de la Baltique à leur rigueur. A la faiblesse de Merkel répond, puisqu’il faut du contraste, la force de Macron. Celui qu’on dit, depuis des mois, très isolé, aurait rallié la nomenclature bruxelloise à son panache blanc malgré la guerre civile qui a bien failli éclaté en France l’hiver dernier et malgré sa défaite aux élections européennes. En quelques jours, notre président aurait donc convaincu de la justesse de ses vues. Quel homme! Jupiter, le retour! Merkel malade et en fin de règne ne pourrait rien contre le rouleau compresseur macronien.

Je ne crois pas un mot à cette fable. La propagande bat son plein allant même jusqu’à influencer les moins susceptibles de l’être. Mais les faits sont là. Indubitables. Aucun français n’a été nommé à Bruxelles ou à Strasbourg. Le seul totem, c’est Lagarde à la BCE alors que la banque centrale est à Francfort à coté de la Bundesbank, au milieu de la finance germanique. Ou Angela Merkel a laissé entrer le loup dans la bergerie qui finira avec les eurobonds par ruiner l’Allemagne, ou Angela Merkel a pris en otage une des tenantes de la finance anglo-saxonne, Christine Lagarde, une non spécialiste en plus, elle n’a jamais été gouverneur de la banque de France, pour la contrôler et annihiler toute tentative de dilapider l’argent du pays le plus riche d’Europe. L’avenir le dira. Mais si les performances passées d’un individu peuvent présager de ce qu’il est capable de faire à l’avenir, il est difficile de penser qu’Angela Merkel se soit faite rouler dans la farine. D’un coté une femme qui en est à son quatrième mandat, de l’autre un homme qui un an et demi après avoir été élu parque un hélicoptère à l’Elysée pour fuir son pays en cas de danger.

Depuis le début Angela Merkel enrichit son pays sur le dos de ses voisins qui s’endettent pour acheter ses produits. Même la politique de Mario Draghi l’a, in fine, favorisée économiquement. Sauf preuve du contraire et l’affaire du Sea-Watch montre à quel point l’Allemagne continue de définir les règles, la femme la plus puissante du monde tient toujours les rennes.

Frédéric Le Quer

Laisser un commentaire ?