Gustave Doré (1832-1883)

Par dimanche 24 février 2019 Permalink 1

Le jeune prodige du dessin, Gustave Doré, marcha très tôt dans les pas d’Honoré Daumier. “Je n’avais d’autre idée que de me hisser à la carrière des arts”, dira-t-il plus tard. Ses caricatures d’abord le rendent célèbre. Ses illustrations, il en réalise près de 10 000, pour des monuments littéraires tels que la Bible, Rabelais, Milton, Cervantès, Shakespeare, Balzac, Poe, Perrault, La Fontaine, marquées par une imagination incroyable assoiffée de détails, font preuve d’innovations graphiques dont l’influence est encore perceptible de nos jours, par exemple dans les lumières du cinéma fantastique ou plus directement dans le travail des étudiants en illustration lui rendant régulièrement hommage. Le crayon de Doré recherche l’effet saisissant plus qu’une esthétique du beau surement un peu mièvre à son gout. Peut-être cela jouera-t-il sur ses échecs répétés de son vivant en tant que peintre, un centaine de tableaux à son actif ou sculpteur, une cinquantaine de réalisations avec par exemple le monument en bronze d’Alexandre Dumas père toujours visible à Paris, arts dans lesquels il rêvera jusqu’à la fin de sa vie de s’imposer sans y parvenir.

La lithographie dédicacée à David d’Angers, en une, représente l’allégorie du suicide de Gérard de Nerval par pendaison avec l’accès de son âme dans un paradis constitué de jolies femmes. Sur chine, mesurant 51,2 x 35 cm, elle fit chez Fraysse & associés à Drouot le 5 novembre 2014 20 460 €, soit un record mondial pour une estampe de l’artiste. La grande aquarelle, ci-dessous, intitulée “Poor Peggy” où la jeune fille en guenilles tient une enfant trop lourde, 124 x 60 cm, présentée chez Aguttes à Drouot en avril 2017, fut adjugée 29 325 €.

Enfin, finissons ce petit tour d’horizon des talents de Gustave Doré par une sculpture! Celle, ci-dessous, groupe en bronze, fonte XIXe, 59 cm, intitulée l’effroi avec cette mère qui protège son enfant du serpent qui l’attaque, rassura son acheteur à hauteur de 10 900 € à Brest chez Adjug art svv, le 3 juin 2014.

Frédéric Le Quer