Gustave Courbet (1819-1877)

Par samedi 22 juin 2019 Permalink 1

Quel meilleur jour que le samedi des gilets jaunes pour évoquer Gustave Courbet dont la vie sociale s’est arrêtée après l’échec de la révolution de la Commune de Paris pour laquelle il s’était engagé et qui a entraîné son incarcération à la prison de Sainte Pélagie où il s’agissait de lui faire payer les réparations de la colonne Vendôme à la gloire de Napoléon! Il s’en suivit son exil en Suisse jusqu’à sa mort, abandonné de tous.

Le peintre naît dans une famille bourgeoise du Doubs dont la santé mentale de la mère n’est guère solide et dans laquelle la sœur est hospitalisée pour sa folie. Gustave monte à Paris pour des études de droit qu’il abandonne pour la peinture. Le Louvre et les grands maîtres le perfectionnent dans son art. En rupture avec le romantisme ambiant, la société Louis-Philipparde le reconnait très vite comme un grand peintre. Sous Napoléon III, Courbet louvoie entre une détestation du régime qui le fait correspondre avec Victor Hugo et une vie mondaine à laquelle il participe.

Quant à ses œuvres… Tout le monde connait aujourd’hui le tableau “L’origine du monde”, peint en 1866 pour être vu en catimini, interdit d’exposition il y a encore peu, dont le dernier propriétaire privé a été le psychanalyste Lacan, censuré un temps par Facebook et facétieusement détourné par Charlie Hebdo pour la coupe du monde de football féminine (en une). Citons aussi “L’enterrement à Ornans” qui fait scandale avec sa taille importante digne d’une peintre d’histoire mais avec un sujet provincial digne d’une peinture de genre. Le peintre génial en fait une étude de 27 êtres humains dans leur milieu social. Signalons aussi l’autoportrait “Le désespéré” qu’il réalise à 24 ans, sans doute, à cette époque, encore imprégné de son milieu familiale. Enfin admirons toutes ses natures mortes et ses tableaux de fleurs qui parsèment son oeuvre.

Ce rapide survol d’un des plus grands artistes que la France ait eu, est, j’en conviens, bien trop sommaire. Terminons quand même par le marché de l’art! Le 24 juin 2017 chez Limoges Enchères ovv, l’ecce homo, ci-dessous, une oeuvre de jeunesse vers 1840, réalisée peut-être en revenant du Louvre (!), 24 x 19 cm, fit 27 900 €.

“La source de la Loue”, ci-dessous, thème récurrent de son oeuvre, aux connotations érotiques évidentes, 55 x 74 cm, fut vendu à l’Hôtel de vente de Belfort le 8 avril 2017, 64 800 €.

Dernier exemple avec le petit portrait d’un compagnon de cellule de Courbet à Sainte Pélagie, 14,3 x 9,4 cm, proposé le 9 juin dernier à Metz par Martin ovv. Il fut préempté à 36 900 € par le musée d’Ornans.

Tous ces prix qui ne dépassent pas 5 chiffres sont dus au fait que les plus importantes réalisations du maître sont aujourd’hui dans les plus grands musées du monde.

Frédéric Le Quer

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