Grogne sociale: violence ou capitulation

Par vendredi 20 décembre 2019 Permalink 1

Cette fin d’année 2019 montre que la grogne sociale sans violence n’aboutit à rien. La violence a d’ailleurs changé de camp avec un pouvoir qui prend sa revanche sur la fin 2018.

Acculées par les revendications portées par les gilets jaunes, les banques françaises avaient annoncé le gel de leurs frais en 2019. Beaucoup moins sous pression actuellement, elles vont pour 2020 augmenter les tarifs de plusieurs services. Tout ce qui ne sera pas effectué sur internet va même flamber. Le gouvernement n’a rien fait pour empêcher cette situation malgré une inflation en 2019 de moins de 1 %. Au contraire en la passant sciemment sous silence, il la favorise, il l’accompagne préférant jouer comme à son habitude les multinationales contre les citoyens.

Et en même temps, les prix de l’électricité et du gaz ne cessent d’augmenter. Quant à celui des carburants, il a flambé entre 6 et 7 % en un an.

Les dépenses contraintes progressent bien plus vite que les revenus avec un smic qui stagne et un revenu médian qui régresse. Il est d’ailleurs intéressant de constater l’augmentation des inégalités avec l’écart entre revenu médian et revenu moyen qui grandit! Nos dirigeants s’emploient avec acharnement à enrichir les riches et à appauvrir la société française, la réforme des retraites n’étant que leur dernière agression en date.

La grogne sociale est objectivement justifiée. Elle n’est pas le fait de “gaulois réfractaires” ou d’une “foule haineuse”. Elle vient du déclassement ressenti et vécu par les citoyens français.

Aujourd’hui, dans les clous d’une contestation sociale non violente, les syndicats n’obtiennent strictement rien de la part du gouvernement. La grève les épuise plus qu’elle ne les galvanise. Les manifestations rassemblent du monde mais n’aboutissent à aucune évolution notable. Le service d’ordre de la CGT devient l’allié objectif du gouvernement en ne laissant pas s’extérioriser la colère du peuple, en l’inhibant. Il n’y a aucun espoir d’obtenir une quelconque avancée sociale dans le calme et la négociation avec l’état Macron. Il ne comprend que les rapports de force et la force du peuple est son déchaînement. Les gilets jaunes ont montré la voie l’année dernière. Si Martinez et consorts ne s’inscrivent pas dans cette logique, ils seront laminés et les français en paieront les frais.

Frédéric Le Quer

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