Gisèle Halimi et le voile islamique

Par mercredi 29 juillet 2020 Permalink 1

Tous les combats de Gisèle Halimi étaient en total contradiction avec l’islam. Prenons l’exemple du voile islamique.

En 1989 Gisèle Halimi s’exprimait ainsi: “Avec le tchador les jeunes filles sont sous le joug patriarcal, pater familias des tribus arabes et elles se sont réveillées sous le joug de ces pères manipulés par des fanatiques musulmans. Le tchador n’est pas seulement religieux, c’est politique (…) et c’est tout de même le symbole de la soumission et de l’infériorisation de la femme. Les femmes ont le droit à ne pas se cacher, à ne pas accepter la polygamie, à ne pas accepter d’être répudiées”

En 2009 Gisèle Halimi s’exprimait ainsi: “À mes yeux la burqa représente le signe, intolérable, de l’infériorisation de la femme, de la ségrégation des sexes et de la ghettoïsation. Je dirais même que c’est un véritable apartheid sexuel. Il y a un monde pour les hommes, un monde libre et puis il y aurait un monde pour les femmes où elles seraient emmurées, emprisonnées. Et cela n’est pas acceptable, au nom de n’importe quelle religion. Il est clair qu’il faut l’interdire”

En 2019 devant une commission parlementaire, le témoignage de Gisèle Halimi variait peu: “Le voile intégral est-il un objet politique? Je crois profondément que le port du voile intégral est un acte de prosélytisme de l’intégrisme islamiste, même si celles qui le portent ne le savent pas. Faut-il pour autant l’interdire, alors que ce prosélytisme ne prend pas une forme violente et qu’il n’est pas incompatible avec nos libertés publiques ? Est-il contraire à la dignité de la femme ? À cette question, nous répondons résolument par l’affirmative et considérons que c’est précisément à ce titre que son port doit être proscrit. Ces femmes sont emprisonnées : on leur refuse le droit de nouer des relations
avec autrui et de percevoir le monde comme les hommes le perçoivent. Elles subissent un double enfermement, physique et psychologique. Le voile intégral s’oppose bien sûr au principe constitutionnel d’égalité entre les sexes, mais plus fondamentalement, il signifie que les femmes qui le portent ont intégré leur propre infériorisation. La réponse qu’une jeune professeure tunisienne de physique nucléaire– portant le niqab – m’a faite alors que je lui demandais si le voile intégral n’était pas une manière de lui faire accepter son infériorisation en témoigne : après avoir réfléchi un instant, elle a déclaré : « Mais nous sommes inférieures » ! La burqa est une forme d’apartheid sexuel. D’un côté, le monde des hommes, relationnel et ouvert, de l’autre, celui des femmes, contraint et clos. Cet étendard de l’infériorisation des femmes est inacceptable car contraire à notre dignité. Et comme le disait Malraux, la dignité, c’est le contraire de l’humiliation.”

Constante dans ses idées, Gisèle Halimi meurt au moment où la France les rejette. C’est peut-être une chance pour cette figure féministe: elle ne verra pas ce que son pays va devenir, ce que les femmes vont devenir.

Frédéric Le Quer

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