Gilets jaunes et marche pour le climat

Par lundi 23 septembre 2019 Permalink 5

La plus grande pagaille régnait samedi dans Paris lors de l’acte 45 des gilets jaunes. Les militants de Force Ouvrière, les écologistes tendance Green Peace et les gilets jaunes bien sûr se retrouvaient pour contester Emmanuel Macron et la politique du gouvernement. Tout ça faisait énormément de monde quoi qu’aient pu dire les médias. Ces derniers, comme d’habitude, s’en sont donnés à cœur joie pour critiquer tout ce qu’il était possible de critiquer dans ces mobilisations, finissant par se focaliser sur la marche pour le climat à cause des violences qu’elle semait sur son passage. Ils ne se sont en revanche guère émus des bombes lacrymogène qui commencèrent à être lancées par la police dès 10 heures du matin contre des gilets jaunes. Leur indignation reste sélective.

Des petits groupes de gilets jaunes se promenèrent dans Paris toute la journée un peu n’importe où, au hasard de peur d’être maltraités par la police, chantant “Nous on est là” ou scandant “Macron démission”. Ils étaient calmes et guillerets. Les gens dans les files d’attente des journées du patrimoine les observaient avec aménité. L’adhésion au mouvement continue. Cela est passé sous silence par la propagande relayée par les journaux, radios et télévisions. Ces derniers se concentrent sur les black blocs dénigrés à l’envi mais qui indéniablement gardent leur utilité. Il suffit de voir la couverture médiatique du tranquille défilé de FO quasiment nulle par rapport à celle de la manif pour le climat. La violence paie, c’est même la seule chose qu’entend notre oligarchie. Elle s’effraie en direct sur les chaînes en continu, se scandalisant sans relâche, aboyant contre un peuple qu’elle ne pensait pas capable d’une telle constance. Si les black blocs n’étaient pas là, il faudrait les inventer car ils sont devenus grâce à leur radicalité le chaînon essentiel pour être entendu. Les manifs pépère et plan-plan compte tenu de la partialité de l’information et de la difficulté à mobiliser ne servent à rien. Nos dirigeants ne tomberont que par la force. Une petite mention spéciale pour un policier qui a osé se dire gilet jaune samedi dernier. Du coup, il risque de passer au tribunal en comparution immédiate. Elle est belle la liberté d’expression!

Le journal de Bernard Arnaud, Le Parisien, se fendait dans son édition de dimanche d’un grand couplet pour dénoncer de son coté le réchauffement climatique comme une manière de dire aux manifestants de la veille que tout le monde est dans le même camp. Evidemment aucune rubrique ne mentionnait que sa maison mère LVMH a, depuis l’accord de Paris, augmenté ses émissions de gaz à effet de serre de 25,9 %. Faites ce que je dis mais pas ce que je fais!!! LVMH n’est pas tout seul dans ce cas. Les sites internet L’observatoire des multinationales (multinationales.org) et Bastamag dénoncent les entreprises du CAC 40 suivantes qui ont augmenté leurs émissions de gaz à effet de serre entre 2016 et 2018: Dassault système + 185,5 %, PSA +59,7%, L’Oréal +53,6 %, Hermès + 31,9%, Crédit Agricole + 27,3%, Valeo +27,3%, Legrand +24 %, Essilor +18,4%, Kering +17,4 %.

Faire payer les pauvres contre le réchauffement climatique comme le veut Macron est décidément une ignoble politique juste bonne à leur enfoncer la tête dans le sable pour les contrôler, les paralyser, les appauvrir toujours plus. Mais la nation bouge encore. On l’a vu samedi dernier et on le verra à nouveau cette automne.

Frédéric Le Quer

Laisser un commentaire ?