Georges Valmier (1885-1937)

Par samedi 2 mai 2020 Permalink 2

“Pourquoi ne peindrait-on pas de l’invisible d’après nature?”, s’interroge le peintre Georges Valmier, adhérent du groupe Abstraction-Création créé en 1931 par Georges Vantongerloo et Théo Van Doesburg, aux cotés de Jean Arp, Albert Gleizes, Jean Hélion et František Kupka (que du beau monde!). L’artiste est un intellectuel passé par le cubisme pour opter au bout du compte pour “un vocabulaire restreint de formes élémentaires planes aux couleurs pures organisées selon un système de correspondances proche des mathématiques et de la musique”. Musicien et chanteur, quelques unes de ses toiles sont d’ailleurs titrés dans un vocabulaire musical. Quelques unes, seulement parce que ce perfectionniste aux accents mystiques n’a réalisé pendant sa courte vie qu’environ 300 huiles. Il n’empêche, sa carrière est brillante.

Né à Angoulême, passé rapidement par les Beaux Arts dont Georges Valmier trouve l’enseignement trop conventionnel à une époque où Cézanne jette les bases de la peinture moderne, ce pionnier du cubisme pose, à l’inverse de Braque ou Picasso, immédiatement la couleur comme élément clé de l’expression créative. En 1918, Valmier rencontre le marchand d’art et galeriste Léonce Rosenberg à Paris, qui l’invite à rejoindre sa galerie de l’effort moderne. La première exposition personnelle du peintre s’organise en 1921. En 1932, Valmier participe à une exposition collective de peinture abstraite montée par la Galerie Braun, et en 1935, la Galerie des beaux-arts de Paris inclut son travail dans une exposition consacrée aux premiers praticiens du cubisme. L’Amérique aussi lui ouvre ses portes. En 1937 et 1938, Hilla Rebay achète son travail en perspective d’une exposition au Musée Solomon R. Guggenheim. La dernière œuvre majeure de Valmier fut une commande monumentale pour l’Exposition internationale de 1937 à Paris.

Alors sur le marché de l’art, lorsqu’une belle huile de l’artiste est présentée comme celle en une 100 x 81 cm, une composition cubiste ovale, un village daté de 1920, elle est vendue par Bayeux enchères svv en novembre 2013 plus de 230 000 €. La petite gouache ci-dessous, technique moins exigeante, 26 x 19 cm faisait en 2010 chez Boisgirard à Nice autour de 6 500 € avant d’être revendue à Drouot chez Thierry de Maigret en 2015 pour ne faire qu’un peu plus de 3000 €…

Finissons par une aquarelle présentée chez Christie’s à Londres le 1 mars 2017, nature morte, 13 x 14,5 cm, qui réalisa pas loin de 20 000 €.

Frédéric Le Quer

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