Gabriel Deluc (1883-1916)

Par samedi 27 novembre 2021 Permalink 1

Les peintres et les poètes symbolistes ont recours aux mythes et aux légendes pour révéler que notre monde n’est que le reflet d’un univers secret. Le peintre Gabriel Deluc aime à imaginer cette autre réalité et suggérer des correspondances entre le visible et l’invisible. Son esthétique tend souvent à privilégier l’expression d’un état d’âme comme c’était le cas hier 26 novembre 2021 à Drouot avec l’oeuvre monumentale de 1911 présentée par la maison Brissonneau. 161 x 250 cm, il s’agissait d’une fête antique titrée “Baccahanales, ivresse de Bacchus”, en une.

Vous pouvez voir comme la facture est d’excellente tenue; une diagonale, par exemple, peut aisément être tracée de l’angle inférieur gauche du tableau à l’angle supérieur droit avec au-dessus la vue panoramique d’un paysage très vallonné et au-dessous une scène de genre orgiaque. En général, les amateurs sont conquis et les offres fusent. Seulement là, les dimensions les refroidirent et il n’y eut que le client du crieur au téléphone pour porter une enchère à pratiquement 7000 € frais compris. Immédiatement un homme dans la salle intervint pour préempter le tableau en faveur du musée national de Bayonne. Bel acquisition même si la ville à d’autres réalisations de Gabriel Deluc très attaché à son pays basque natal. Il est à parier que le conservateur avait dû budgéter une somme supérieure.

L’art de Gabriel Deluc ne se résume pas qu’au symbolisme. Sa courte vie (il mourut dans les tranchées) lui laissa néanmoins le temps de creuser l’art impressionniste, d’étudier la couleur et la forme, de peindre de jolies portraits. Ainsi, il y a plus de 20 ans, en 1999 chez Christie’s, le tableau ci-dessous, une huile sur toile, 88,9 x 116,2 cm, représentant un “gentleman lisant dans un intérieur” trouva preneur à 11 500 $.

Frédéric Le Quer

 

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