Fête de la musique ou pont du Titanic

Par lundi 22 juin 2020 Permalink 1

Comme dans les rassemblements “Black lives matter”, l’émotion, sentiment cher à Castaner devait primer sur le reste, c’est à dire les gestes barrière, lors du rassemblement parisien de la fête de la musique. Ils étaient des milliers à danser l’un contre l’autre, voire l’un sur l’autre, dans le pince-fesses organisé par le collectif “Apéro électronique” sur le canal Saint Martin. Pariel aux rassemblements “Gilets jaunes”, la police a, à Paris, dispersé tout ce bau monde à coup de matraque. A Nantes, où un événement identique se produisait, le gaz lacrymogène a été utilisé pour évacuer les fêtards.

“L’escroquerie sans précédent”, pour reprendre les mots de Bernard Henri Lévy, qui a consisté à terroriser la population sous prétexte d’un virus qui a tué certes, mais moins que d’autres, pour faire régner un ordre totalitaire pendant des semaines, ne fonctionne plus. Les jeunes en ont marre et pas mal de vieux aussi. Même si une deuxième vague épidémiologique venait, le gouvernement serait incapable de faire respecter les mesures liberticides qu’il a prises de mars à mai. Il a grillé ses cartouches et a beau faire critiquer Donald Trump par ses médias, les français sont, de fait, de l’avis du président américain: le covid, ça suffit!

L’effet de sidération a permis en mars, malgré l’évidente nullité des pouvoirs publics, de faire plier le peuple, de le soumettre à une coercition que même l’occupation allemande ne lui avait pas fait connaitre. Est-ce que cela a sauvé des vies? Quelques unes probablement. Mais vu le nombre de celles que les prochains mois vont détruire, détruisent déjà car la consommation reste modeste, le bilan est très négatif. Un effet pervers du confinement sabote aussi l’économie. Les tenants de la décroissance, groupuscule considéré jusque là comme farfelu, sont mieux entendus. Leur petite musique prend d’autant mieux que les moyens manquent: à quoi bon consommer pour consommer?

Le monde est pris en étau entre deux alarmismes. D’un coté ceux qui continuent d’alerter sur la menace virale comme l’OMS qui affirme que la pandémie de coronavirus s’accélère en notant que jeudi dernier avait été une journée record de nouveaux cas – plus de 150 000 dans le monde. De l’autre, ceux qui annoncent la ruine inéluctable due à une mondialisation devenue peureuse.

Alors ces jeunes qui dansaient hier à la fête de la musique étaient-ils sur le pont du Titanic?

Frédéric Le Quer

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