Félix Varla (1903-1986)

Par samedi 22 janvier 2022 Permalink

Lors du premier jour de la reprise des ventes à l’hôtel Drouot un peintre géorgien, Félix Varla, s’est par trois fois fait remarquer chez le commissaire priseur Emmanuel Farrando. Les résultats se sont étalés de plus de 5 000 à plus de 15 000 € (pour le tableau en une, Venise, huile sur toile, 53 x 64 cm)) alors que les estimations oscillaient autour de 150 à 200 €! Un ami marchand m’a raconté surpris qu’il avait acheté jadis une oeuvre du peintre autour d’une centaine d’euros pour la revendre dans les six cents, ce qui l’avait entièrement satisfait. Mais depuis mardi dernier les ordres de grandeurs semblent avoir changé. La Géorgie devenue une économie de marché quitte petit à petit la pauvreté endémique qui la marquait et ses ressortissants les plus aisés se plaisent à honorer les artistes nationaux les plus marquants; leur cote s’en ressent. On connait un phénomène identique avec le Vietnam depuis quelques années.

Mais qui est Félix Varla? De son vrai nom Félix Varlamishvili est né en Géorgie au pied des monts du Caucase et est mort à Paris. Il entre à l’académie des beaux arts de Tbilissi en 1923. En 1927, il anime les manifestation pour le dixième anniversaire de la révolution soviétique. Il peint le premier portrait officiel de Joseph Staline. Il n’empêche qu’en 1929, Varla est à Paris après avoir fui le régime communiste et participe à l’effervescence qui règne chez les artistes de Montparnasse. Son travail particulièrement méticuleux le pousse à ne pas réaliser plus d’une trentaine d’œuvres par an. Naturalisé français en 1945, les commandes publiques affluent. Il expose aussi aux Etats-Unis, en Argentine, au Japon, en Iran ou en Belgique. Ce succès ne l’empêche pas de continuer à peindre dans son petit atelier de la rue Daguerre à Paris.

Son nom semble devoir resté présent pour les générations futures. C’est aussi un peu un honneur pour la France qui l’a toujours soutenu.

Frédéric Le Quer

PS: les photos du listing de la vente correspondent aux 3 tableaux vendus lors de la vacation  du 18 janvier 2022. Le peu d’efforts fait pour les mettre en valeur prouve bien la surprise liée aux résultats! La première photo ci-dessus est une huile sur toile 52 x 63 cm représentant des femmes portant une cruche, la seconde, une huile sur toile dont les dimensions ne sont même pas spécifiées (!) représente le labourage des champs.

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