Faut-il décorer Rugy?

Par mercredi 24 juillet 2019 Permalink 4

François de Rugy bénéficie d’une campagne de presse très favorable où le citoyen français un peu surpris, quand même, apprend que l’ex ministre, l’ex président de l’assemblée nationale a été accusé à tort par Mediapart.

Ses gueuletons étaient des odes à la cuisine française et des combats répétés au prix de sa santé, de sa digestion, de son équilibre gastrique contre la malbouffe. Ce refus, quel qu’en soit le prix pour la communauté, pour l’état, de se nourrir et de nourrir ses convives de mets banals, pour faire partager une expérience gustative, voire un orgasme papillaire chez les plus sensibles, était donc un comportement héroïque méritant non pas le pilori mais des louanges éternelles à ce grand serviteur de l’état. Mais cet homme extraordinaire ne s’est pas arrêté là. Courageusement, au prix de désagréments quotidiens, d’une intimité conjugale laissée de coté, peut-être de petites disputes avec mame Rugy, – qui sait? – il fait rénover un palais national dans la plus pure tradition du grand décor français y ajoutant sa patte, la patte de l’expert, bien sûr, avec l’installation osée, mais rafraîchissante, un brin frondeuse, d’un dressing room, comme une ultime leçon de bon gout à des ancêtres qui n’avaient pas pensé à ça en validant les plans de l’hôtel particulier lors de sa construction. Qu’il est drôle ce clin d’œil de Rugy! Comment lui en vouloir de tant d’esprit même si la note est salée? Alors surtout, ne venez pas lui reprocher par mesquinerie, ses frais de député servant à la défiscalisation de ses revenus! Non, c’est abject d’oser penser ainsi de François. Ignoble. J’en tremble presque honteux d’être français quand je vois dans quelle fange est tombée le débat politique. Non, non et non, tout cela était de simples avances que le saint homme comptait rembourser dans un avenir proche. Tout à l’heure. Demain au plus tard!

Tout est donc clair et comment ne pas participer, avec LCI, BFM et tant d’autres à la campagne de réhabilitation d’un homme meurtri, pleurnichant face à un interviewer au plus fort de la crise, crise insensée, crise des voyous qui hurlent avec les chiens. J’entendais Jean François Kahn (qui sans doute a demandé un service à l’Elysée et attend la réponse… mais ça n’a rien à voir…), Kahn, le Citizen Kane des années 80-90, comparer l’affaire Rugy à l’affaire Dreyfus. Non, ce n’est pas exagéré, n’en déplaise à ceux qui s’en sont pris à l’honneur de cet homme public. Mais heureusement, cette fois, il y a le decodex des médias pour réhabiliter un brave. Reviens François! Reviens!

Frédéric Le Quer

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