Fake news

Par Vendredi 8 juin 2018 Permalink 3

Les fake news ou les fausses informations sont dans le collimateur du gouvernement. Il y a peut-être une petite différence entre les deux termes: derrière le fake, on se dit qu’il y a un troll, un provocateur, un comique, alors que derrière la fausse information, quand celui qui l’émet n’est pas de bonne foi, on pense plus à un manipulateur, un malveillant. Mais le législateur ne semble pas avoir l’intention de faire de différence et compte encore laisser au juge le soin de trier ce qui lui semblera condamnable au reste.

Pour la proposition de loi en discussion ce qui a l’air de compter le plus, c’est d’où vient l’information. On sent dès l’avant propos, “l’exposé des motifs”, un certain acharnement à vouloir savoir qui est derrière, qui paie. C’est ce qui pose le plus problème dans cette future loi inutile. Le gouvernement et ses affidés seront prêts à passer l’éponge sur n’importe quel scoop rapporté par l’un des innombrables médias tenus par un milliardaire. Rien venant de là ne peut, pour lui, être vraiment corrosif, vraiment dangereux. Dans ces journaux, l’information est bien contrôlée en faveur du pouvoir, en tout cas celui actuel. On voit que Macron, pour sa campagne présidentielle, n’a cessé de bénéficier d’avantages de multinationales que les autres ne pouvaient pas obtenir. Et tout le monde fait semblant de croire que c’est sans conséquence, que la démocratie n’est pas bafouée. C’est pourtant bien le principe d’égalité dont il est dorénavant de bon ton de se moquer comme un attachement surtout français (!!!), qui est jeté aux orties. Seules les allégations de médias un peu underground sont donc vraiment susceptibles de passer par les ciseaux d’Anastasie. Ce sont pourtant ceux qui usent aujourd’hui de la liberté d’expression, qui permettent d’espérer encore que la démocratie n’est pas tout à fait un gag, une fake news!

Les révélations sur l’homosexualité de Macron ou sa manie de s’essuyer les mains avec des lingettes désinfectantes n’ont pourtant rien de vraiment dramatiques. A l’heure d’aujourd’hui le public ne sait d’ailleurs pas vraiment si elles sont vraies ou fausses. La seule chose évidente est qu’elles ont vexé l’homme qui tente en ce moment de se venger. “Et en même temps”, pour compenser, les bons journalistes à plat ventre nous content sans relâche sa love story avec Brigitte! Leur histoire d’amour décrite par nos chers médias est surement un fake… Un gros fake…. Une fake news de compétition! Mais là ils ont le droit, mieux, le devoir de mentir.

Frédéric Le Quer