Eugène Lami (1800-1890)

Par samedi 8 janvier 2022 Permalink 1

Si, enfant, Eugène Lami est impressionné par l’empereur qu’il aurait rencontré en 1810, son oeuvre picturale nous plonge dans ces années de la Restauration hésitant entre nostalgie et réconciliation sur fond de tâtonnements politiques et de reprise économique.

Eugène Lami peint alors les uniformes de la glorieuse armée napoléonienne comme la vie élégante de la cour et de la bourgeoisie. Chateaubriand, Gros, Vernet, Géricault font partie de ses relations. Ami du duc d’Orléans, c’est naturellement que ce dernier devenu Louis Philippe lui ouvre grand les portes de la renommée et il peint pour le musée de l’histoire de France à Versailles d’habiles scènes de bataille. Après quelques flottements et un exil en Angleterre où l’artiste y est aussi très recherché d’ailleurs, le second empire lui permet d’exécuter de prestigieuses commandes comme celle pour la château de la Ferrières du baron James de Rotschild.

Eugène Lami est le prototype du peintre académique de facture classique donc que les impressionnistes bousculeront à la fin du siècle. Peu lui chaut, en 1879, il est l’un des membres fondateur de la Société des aquarellistes français alors que le médium à cette époque est particulièrement prisé par les collectionneurs et que Lami le maîtrise parfaitement.

Sur le front des ventes aux enchères l’année 2021 a vu deux dessins de Lami préemptés par les musées de France. A part ça, le 24 mars chez Christie’s, il fallait prévoir 28 000 € pour s’offrir l’oeuvre (36,7 x 52 cm) en une représentant suite à un tremblement de terre “une vente de charité pour les victimes de Guadeloupe dans le Grand Salon du Palais Royal à Paris graphite, aquarelle et gouache” parue dans le journal “L’illustration” du 29 avril 1843 . Autre exemple de la fin de l’année dernière chez Fraysse à Drouot, le 10 décembre, avec une huile sur toile intitulée “Le départ pour la promenade à cheval” de 1847, 32 x 54,5 cm, de style troubadour comme c’était la mode, adjugé 6 600 €.

Terminons par une vente plus ancienne de 2017 chez Tessier-Sarrou proposant un tableau d’une provenance royale intitulé “L’entrée de Son Altesse Royale la Duchesse d’Orléans dans le jardin des Tuileries le 4 juin 1837”,
huile sur toile, 86,5 x 152 cm, daté 1841 en chiffres romains, vous savez ceux qu’on supprime de nos jours car trop méconnus (MDCCCXLI), qui fut vendu pour la modique somme de 450 000 €.

Frédéric Le Quer

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