Etat policier

Par lundi 24 décembre 2018 Permalink 1

Le régime Macron transforme la France en état policier. Pratiquement toutes les images diffusées sur toutes les chaines de télévision concernant les rassemblements des gilets jaunes le samedi à Paris sont celles filmées par des policiers avec la caméra sur le casque. Nos journalistes, persona non grata, et leurs cameramans, persona non grata aussi, sont si mal vus qu’ils ne peuvent s’aventurer au sein du peuple français. Par ailleurs, d’expérience, si j’ai constaté un comportement des CRS assez professionnel, celui des individus portant un brassard rouge de la police, genre Benalla, était violent et agressif, cherchant systématiquement la bagarre et utilisant les petites bonbonnes de gaz lacrymogène à bout portant en visant les visages. Un autre comportement, celui des gendarmes, était le plus souvent tout à fait inapproprié, la peur sans doute les poussant à jeter des bombes lacrymogène à tout moment sans chercher à évaluer la situation.

Depuis le second samedi, la répression policière exigée par nos gouvernants est scandaleuse. Scandaleuse et sans résultat puisque la casse est restée importante. Mais ce n’est pas parce que la police n’a pas su s’organiser, sans doute désarçonnée par l’incompétent ministre de l’intérieur, que ses violences n’ont pas indistinctement frappées les manifestants pacifiques et les excités. Ces images ne sont jamais diffusées dans les médias, organes de propagande du pouvoir. La police devrait faire attention; ses hommes sont en train de s’éloigner de la France profonde, celle qui les soutient naturellement, celle qui leur proposait, il y a quelques semaines, avec une certaine naïveté, de rejoindre les gilets jaunes.

Le gouvernement vient d’offrir un pont d’or aux policiers prêt à se mettre en grève. Non seulement leurs frais de déplacement qui devaient être fiscalisés, ne le seront pas, mais les augmentations de salaire vont pouvoir aller bon train. Les syndicats s’enorgueillissent du résultat obtenu, mais constatons qu’Emmanuel Macron n’avait pas le choix! Son régime ne tient encore que grâce aux forces de l’ordre. Emmanuel Macron qui a humilié, à peine arrivé au pouvoir, le général de Villiers, ne peut guère aujourd’hui compter sur la Grande Muette pour le soutenir. La police est son seul recours. Elle le sait. Demain les gendarmes exigeront aussi de l’argent et ils seront satisfaits.

Macron reste au pouvoir grâce à l’état policier qu’il met en place et on ne l’en arrachera que par la puissance d’un soulèvement populaire.

“Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne?”

Frédéric Le Quer