Erté (1892-1990)

Par samedi 11 avril 2020 Permalink 1

Erté, initiales épelées en français de son vrai Romain de Tirtoff, est l’un des illustrateurs de mode les plus en vue du XXe siècle. L’aristocrate russe s’installe à Paris en 1912 où il commence par travailler pour le couturier Paul Poiret. Très vite il s’oriente vers la création de costumes de théâtre avec comme premières clientes Mata Hari ou Sarah Bernhardt! En 1915 Erté signe un contrat aux Etats-Unis avec le magazine Harper’s Bazaar, véritable institution de la mode et y impose “la silhouette longiligne et sinueuse d’une femme drapée dans des manteaux de velours rebrodés d’or et de perles, habillée de soie et de mousseline dansante”. L’artiste est aussi un grand décorateur pour la scène, les ballets, l’opéra, le music-hall et le cinéma. Tout l’intéresse et entre les deux guerres, des Folies Bergères à la Metropolitan Goldwin Mayer, rien ne lui est étranger. Les années 50 le verront briller au firmament des nuits parisiennes où il collabore à la création de spectacles des cabarets en vogue à l’époque. A 90 ans, ce touche à tout de génie se laisse encore photographier par Andy Warhgol à New York.

Un tel pedigree ne passe évidemment pas inaperçu dans les salles des ventes aux enchères et les gouaches de Erté restent bien prisées. L’image en une représente quelques dessins sur les 300 dispersés par la maison Bailly Pommery & Voutier à Drouot le 8 juin 2013 pour un total de 256.512 euros. La silhouette grise à droite de l’image est celle de Marilyn Monroe. Sur une feuille de 37 x 27 cm, elle fit 5 625 €. Autre exemple ci-dessous avec 8 dessins (2 reproduits) sous verre originaux, dont 7 signés à l’encre, portraits de 6 femmes et 2 hommes en costumes de scène, mine de plomb, gouache, avec parfois des rehauts de peinture argentée ou dorée, 24 x 11,5 cm, 26 x 10,5 cm, 24 x 20 cm, 25 x 13,5 cm, 24 x 8,5 cm, 25 x 10 cm, 35,5 x 20 cm, 30 x 17 cm, rares piqûres d’épingle qui firent chez Beausant Lefèvre ovv le 11 décembre 2019 autour de 3 300 €.

L’artiste excentrique que pouvait être Erté a décoré un château dont les meubles ont récemment été dispersés avec succès par la maison Marc-Arthur Kohn à Drouot. Les deux curieuses armoires de chaque coté de la pièce, une création Erté, gainées de cuir à décor clouté agrémentées de bois de cervidés ou de cornes, 260 x 208 x 83 cm, furent vendues 37 500 €.

Frédéric Le Quer

Laisser un commentaire ?