Eric Zemmour et Michel Onfray

Par jeudi 24 décembre 2020 Permalink 1

Emmanuel Macron qualifie les français lors d’une interview à l’hebdomadaire “L’express” de “peuple de paradoxes”. Tous les peuples sont pourtant à la fois complices et rebelles, victimes et bourreaux. Mais quand il n’y a plus de peuple la question est bien moins celle du paradoxe que celle de la dislocation.

Cnews rediffusait hier le débat entre Eric Zemmour et Michel Onfray. Il était émouvant d’entendre ces deux personnes, l’un français depuis toujours, même physiquement son faciès est celui d’un certain type de normand, l’autre français parce que ses parents ont été chassés d’Afrique du nord, aborder la question de leur amour de leur pays. Il était déchirant de sentir en filigrane qu’ils ne le reconnaissaient pas, tout comme chacun d’entre nous. Toute leur évocation de la France et de son histoire annonçait notre avenir comme celui des indiens d’Amérique quand on la mettait en perspective avec ce qui distingue notre présent.

Mais eux ne se désolaient pas de nos “paradoxes” jugeant que nous avions mille et une occasion de nous aimer… Mais en regardant notre passé! Pas très réjouissant en vérité!

La France pour ces deux intellectuels se singularise par les tensions: tension Pascal Descartes, tension Voltaire Rousseau, tension Sartre Camus. Cela fait toute la différence avec l’analyse à l’emporte-pièce de Macron. Leur tension a un sens dialectique, hégélien, amène au mouvement, voire à une spirale ascendante toute différente du paradoxe macronien qu’on sent bien être dans son esprit synonyme d’absurdité. La tension d’Onfray et de  Zemmour a à l’opposé quelque chose à voir avec l’universalisme français, y contribue.

Mais les débatteurs ne s’aveuglaient pas. L’universel s’est transformé en indifférenciation. D’ascendante la spirale sombre et l’individu devenu interchangeable pour ses maîtres ne porte plus aucun idéal. On touche alors à se qui caractérise la période actuelle: la chute de notre civilisation.

Si Emmanuel Macron entrevoyait seulement la situation, il changerait de politique catégoriquement. Mais il ne se rend compte de rien sinon de sa propre situation, de son intérêt personnel. Il balance au fil de ses prises de parole les mots, au mieux les idées dans l’air du temps, espérant ainsi avoir l’air de faire preuve de lucidité. Mais la vacuité incarné nous dirige.

Frédéric Le Quer

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