Enfants de Nice: vaccination obligatoire

Par samedi 24 juillet 2021 Permalink 1

-Mais monsieur Christian, pensez-vous vraiment que ce soit raisonnable?

Les yeux noirs de monsieur Christian jetaient des éclairs.

-Oui, c’est raisonnable je ne lâcherai rien. Je veux voir pour la rentrée vaccinés contre le covid tous les fœtus des femmes enceintes niçoises.

-Ne craignez vous pas une réaction des citoyens, monsieur Christian? Déjà la vaccination obligatoire des enfants que vous exigez pour leur acceptation dans les maternelles entraîne pas mal de réprobation…

Le premier adjoint tentait timidement de raisonner l’édile dans l’immense bureau décoré de photographies de motos de course, du portrait de monsieur Christian tenant à la main un casque intégral, et de celui de sa fille et de son mari à l’entrée de l’une des quatre cents quatre vingt cinq mosquées de sa ville.

-Cela m’est égal. Mon gendre, Abdul, m’a dit que j’étais un chef de tribu; un chef de tribu ça ordonne et la tribu doit suivre.

Le maire ne supportait plus les critiques. Son ambition sans limite le poussait à devenir au plus vite premier ministre et il était prêt à tout pour plaire à Emmanuel. Il poursuivit:

-Le président appréciera à sa juste mesure cet engagement sanitaire. Si la science le pouvait, ah comme cette satanée science est un carcan pour mon avenir, si la science le permettait je vaccinerais les spermatozoïdes et les ovules!

-Monsieur Christian, vous êtes un génie.

L’adjoint sentait bien qu’il fallait flatter son maître, même éhontément puisque le malheureux ne brillait pas par un QI très élevé.

-Oui, je sais, je sais. Avec l’aide d’Allah. Vous savez qu’une grandiose cérémonie va bientôt acter ma conversion et je bloquerai toute la promenade des Anglais pour recevoir tous mes amis du moyen-orient.

-Oh! Comme ce sera beau!

-Oui, digne d’un couronnement anglais.

Un ange passa. L’édile rêvait le regard dans le vague. L’adjoint observait ses pieds cherchant désespérément un argument pour faire changer d’idée son chef à propos de cette vaccination prénatale.

-Il ne faudrait pas qu’il y ait trop de fausses couches.

-Ne soyez pas négatif, s’il vous plait! Nice va représenter grâce à moi un phare pour l’humanité, l’espoir de voir la pandémie disparaître.

-C’est grandiose évidemment.

-Je ne vous le fais pas dire. Grandiose! Pharaonique! Les mots manquent. Une simple piqûre dans un ventre rondelet et me voilà le sauveur de l’espèce humaine. D’ailleurs, poursuivit-il, je sais qu’à l’Elysée, On (le O majuscule pour que le lecteur se rende compte de la manière aussi déférente qu’obséquieuse avec laquelle monsieur Christian avait prononcé ce on) On regarde ma lutte radicale contre l’épidémie avec beaucoup de considération.

-Je me suis laissé dire que vous étiez dans les petits papiers de Brigitte et Emmanuel…

-Je le crois, répondit monsieur Christian d’un air faussement modeste. D’ailleurs ils seront tous les deux à ma conversion. Le président lui-même aurait des intentions similaires mais il attend l’entrée de douze millions de migrants musulmans d’ici quelques mois pour se sentir plus fort face à ces ignobles gaulois réfractaires.

-Ah! oui? Le président veut faire entrer tous ces gens?

-Bien sûr. Il a raison. Ce ne seront quasiment que des hommes jeunes pour qu’ils engrossent toutes les gauloises réfractaires qu’ils croiseront. Mais chut! Il s’agit d’un secret d’état.

-Bien sûr, ma discrétion sera total.

Mais l’adjoint se disait qu’il allait faire partir du pays au plus vite les femmes de sa famille.

-Alors dans ce cas vous comprenez mieux ma stratégie. Je vais créer dans ma bonne ville une nouvelle race de citoyens résistant au covid. Quelque chose de tout à fait nouveau. L’avenir n’appartient qu’à dieu, l’avenir m’appartient.

Monsieur Christian se tourna vers l’est, essuya sa figure de ses deux mains et entama une longue psalmodie. Il était seul au monde. Son adjoint s’éclipsa doucement plus effrayé que jamais par l’avenir.

Frédéric Le Quer

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