En Italie, La Ligue se compte

Par lundi 16 septembre 2019 Permalink 1

“La patience est la plus forte des vertus”. Matteo Salvini citait hier devant près de cent mille personnes l’homme de lettres italien du XIXe siècle, Giacomo Leopardi. “Les chants désespérés sont les chants les plus beaux” aurait-on pu lui répliquer en citant cette fois Alfred de Musset. Et en effet, même si l’enthousiasme de cette foule jamais aussi nombreuse à Pontida (Lombardie) pour cet événement annuel de La Ligue était perceptible, certains craignaient déjà la lepenisation du parti avec un nombre d’électeurs nombreux mais des chefs toujours empêchés de diriger le pays ayant face à eux une coalition hétéroclite mais jamais démentie.

Néanmoins Salvini à l’inverse du Rassemblement National, a eu sa chance. Il l’a gâchée par naïveté et par excès de confiance. Il espère maintenant que l’histoire va repasser les plats et attend pour s’en convaincre une élection régionale en Emilie bientôt et puis encore un rassemblement fin octobre pour encore se compter. A n’en pas douter, ils seront nombreux, mais sera-ce suffisant pour précipiter un retour aux affaires? Rien n’est moins sûr.

Evidemment les militants en veulent aux journalistes italiens qui font tout pour promouvoir la nouvelle coalition au pouvoir. C’est comme en France, là-bas. La nomenclature ne désarme pas et le combat est sans merci. Les bateaux de migrants ré-accostent. L’Allemagne et la France ont beau dire qu’ils en récupéreront la moitié, l’agacement des citoyens renaît malgré la grande discrétion des médias sur le sujet. L’identité italienne est le point clé. Merkel et Macron l’ont bien compris et donnent des gages à la péninsule en laissant envahir davantage leur propre pays. C’est l’Union Européenne qui est en jeu. Elle vient de gagner une bataille mais pas la guerre.

“Je vous donne ma parole que nous retournons au gouvernement”, promet alors le chef de la Ligue. Certes ce n’est pas perdu. Mais si les tenants de la démocratie libérale sont capables de faire les concessions nécessaires au parti “5 étoiles” pour que ce dernier continue de leur servir de cheval de Troie, l’avenir de Salvini est compromis.

Frédéric Le Quer

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