Emmanuel Macron bassine avec son programme

Par vendredi 18 mars 2022 Permalink

Macron pense à la présidentielle en nous rasant. Macron pompe LR. C’est le journal Libération qui après plus de 4 heures d’écoute de notre auguste président pète les plombs et se lâche. On peut comprendre si les journalistes ont été obligés de rester devant le pensum tout ce temps. En fait la performance physique de cette présentation de programme rend son fond totalement inécoutable. L’orateur devrait quand même bien s’en rendre compte mais il est si narcissique que probablement il s’admire pendant qu’il accable.

Au far west, la population aurait badigeonné Macron de goudron et recouvert de plumes avant de le chasser dans un désert. Au XVIIIe siècle, les gens d’esprit l’aurait brocardé à la manière du film Ridicule en se plaignant que sa seule évocation crée l’ennui. Au XXIe siècle, il passe in extenso sur toutes les chaînes d’info. A moi, je l’avoue sans fierté, il m’a fait penser à la fois où j’ai essayé de lire Ulysse de James Joyce; il y a trop de belles choses pour perdre ainsi son temps à bailler.

Certes Emmanuel Macron connait ses dossiers sur le bout des doigts. Dans le débat qu’il aura pour le second tour, il  il écrasera son interlocuteur par des détails inouïs où des acronymes à foison le disputeront aux sentences péremptoires d’un homme trop sûr de lui. Il ennuiera encore mais beaucoup penseront que, justement parce qu’ils ne suivent rien de ce qu’il raconte, il est vraiment très fort. Trop fort.

Il faudrait quelqu’un en face de lui à l’esprit délié, aux traits d’esprit faciles pour scander ses pénibles litanies, qui, tout en restant conscient de l’importance du moment, soit capable de mettre les rieurs de son coté. Trouver l’angle pour se moquer du bavard impénitent qui se croit si supérieur alors qu’en société c’est typiquement la personne à fuir quand on n’est pas obligé de la côtoyer. Et puis systématiquement être en désaccord sur tout, quitte à être un peu de mauvaise foi; ne rien laisser passer.

Je ne vois personne d’assez littéraire pour cette mission.

Mitterrand en aurait été capable. Pompidou aussi grâce à sa culture. Mentionner De Gaulle devient un lieu commun. Actuellement peut-être aussi Laurent Wauquiez dans un bon jour.

Là il y a Mélenchon éventuellement, mais Mélenchon quel français peut en avoir envie? Marine Le Pen, même si elle fait une excellente campagne, je crains qu’elle ne se fasse balader. Quant à Eric Zemmour alors que je suis enthousiasmé par ses discours, par sa façon d’attraper la salle, pour le moment, aucun de ses débats ne m’a convaincu. Il lui manque un brin de cette malhonnêteté intellectuelle qui permet d’écraser l’autre. Bien sûr il ne sera pas battu, il n’est jamais battu, mais il ne gagne pas vraiment.

Bref, c’est avant tout aux électeurs de se réveiller et d’empêcher ce second quinquennat qui s’annonce déjà horrible.

Frédéric Le Quer

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