Emmanuel Macron à Tourcoing

Par jeudi 3 février 2022 Permalink

J’écoutai Emmanuel Macron hier dans la soirée qui avait choisi Tourcoing, une ville islamisée comme sa voisine Roubaix, pour présider un conseil des ministres européens de l’Intérieur. Il s’exprima pour expliquer de manière tarabiscotée que le cadre dans lequel se déroule l’invasion migratoire de l’Europe ne changerait pas. Il s’exprima pour ne rien dire.

Devant l’hôtel de ville avec comme potiche derrière le président, Gérald Darmanin, face à une place qui avait été scrupuleusement évacuée par peur des contestataires qui s’étaient auparavant manifestés, seuls restaient des journalistes dans une semi-obscurité. Les images témoignaient d’un président très isolé. Les quelques questions ennuyeuses dignes de la vision du journalisme de BFM n’allaient pas “à rebours de la parole officielle”. Il s’agissait juste de parler d’un renforcement des contrôles à l’extérieur de Schengen. Depuis des années ces fameux contrôles sont promis mais pour n’aboutir à jamais rien de concret…

Mais l’intérêt n’est pas là puisque sur ce sujet l’intérêt des prises de parole présidentielles est complètement nul, la défense du peuple français n’étant pas pour lui une priorité. Non, la forme était remarquable. Il y avait d’abord cette pénombre jaunâtre due aux réverbères ambiançant la scène. Un air crépusculaire au goût de fin de règne. Aucun ministre européen à part la fameuse potiche, comme si le monde fuyait celui dont le mandat finissait, comme si le monde se désolidarisait de ce que Macron allait dire avant même l’avoir dit. Pour ne pas sembler déjà mis à l’écart, il se raccrochait aux branches d’une discussion téléphonique qu’il devait avoir plus tard à propos de l’Ukraine avec Joe Biden, celui qui l’a ridiculisé dans l’affaire des sous-marins pour l’Australie et qui essaye de recommencer avec les frégates pour la Grèce. Décidément pas rancunier notre Emmanuel Macron!

Devant la télé, la séquence me faisait honte. J’avais mal à la France. J’avais honte de celui qui la représentait.

Mais, à vrai dire, Macron non plus ne semblait pas dans son assiette. Le sourire carnassier était forcé et un rictus mauvais se laissait voir régulièrement affichant à l’écran un râtelier trop saillant se voulant prêt à mordre mais capable que de se perdre dans des phrases insipides. Mais pourquoi donc toutes les chaines ont-elles arrêté leurs programmes pour montrer cette séquence? C’était bizarre, un tantinet malsain  puisque à l’information inexistante s’était substituée la parade grotesque d’un tricheur qui tentait de profiter de sa situation de président de l’UE pour se pavaner devant les électeurs.

Frédéric Le Quer

Laisser un commentaire ?