Edouard Cortès (1882-1959)

Par samedi 14 juillet 2018 Permalink 1

Les vibrants paysages de Paris ont fait la renommée du peintre Edouard Cortès. Une évaporation de l’eau venue de pavés mouillés, une brume qui se déchire, un soleil qu’on devine en train de percé font l’atmosphère des scènes de genre du peintre. Et c’est alors qu’Edouard Cortès séduit vraiment en prenant un quartier de la capitale dans l’instantanéité d’un passant qui traverse, d’une mère de famille qui flâne, d’une marchande de quatre saisons qui travaille, d’un fiacre se dirigeant vers sa destination. Le peintre nous fait ainsi revivre le Paris de la belle époque dans d’importantes compositions permettant à l’observateur de s’immerger dans un temps révolu avec une double nostalgie. Celle d’abord, particulière à cette fin du XIXe siècle, qui voit de nombreux intellectuels s’insurger contre le Paris né des travaux du baron Haussmann ayant fait disparaître en partie la ville médiévale trop souvent composée de ruelles sombres, d’artères sales et de coupe-gorges sordides pour voir naître ces avenues à l’unité architecturale qui fait son charme dorénavant. Un nostalgie d’aujourd’hui aussi où toute une vie bourgeoise du passé se dévoile dans une ambiance tellement plus douce que celle offerte maintenant qu’on ne peut que jalouser tous ces personnages amoureusement ébauchés par l’artiste.

Parler d’Edouard Cortès, c’est parler de Paris. Du moins le Cortès de ses débuts, un peintre précoce qui, dès 1901, propose des vues des grands boulevards. En 1905, il livre 50 tableaux au feu des enchères de l’hôtel Drouot et la Gazette d’écrire: “Bon peintre et excellent dessinateur Cortès s’est appliqué à rendre les si diverses physionomies de notre grand Paris et il a croqué avec une rare vérité les différents coins de la capitale”.

Plus tard “le brillant védutiste parisien” s’installera à Caen et déploiera ses talents  dans le cadre de vues provinciales et champêtres.

En une, un exemple typique de ce qui fait la renommée d’Edouard Cortès: La porte St Denis à Paris, 1901, huile sur toile, 98 x 130 cm, vendu à l’hotel de vente de l’île St Louis le 20 mars 2010 61 078 €. Ci dessous le Cortès normand avec “La place du parc et l’abbaye aux hommes à Caen” huile sur panneau, 33 x 40,5 cm, vers 1940 adjugé le 5 juillet 2015 en Mayenne chez Pascal Blouet svv, 15 500 €.SAM_7393

Enfin dans un genre très différent mais toujours d’Edouard Cortès, le carton ci-dessous, “Pins en bord de mer aux environs de Perros Guirec”, 24 x 33 cm, vers 1913 fut proposé le 21 mars 2017 par Delon Hoebanx ovv à Paris entre 2 800 et 3000 € sans trouver preneur.SAM_7392

Frédéric Le Quer