Du sport à Drouot

Par samedi 6 novembre 2021 Permalink 1

Le sport est devenu constitutif aux sociétés modernes. Certains (à gauche plutôt) voient des valeurs démocratiques dans la capacité physique de courir ou de nager ou de se battre mieux que les autres.  C’est curieux comme si un quotient intellectuel ne pouvait pas être une valeur démocratique alors que les biscotos si. En fait la sport se présente comme un plus petit dénominateur commun que les démagogues aiment mettre sur un piédestal. Si tout le monde est doté d’un certain physique, celui-ci est pourtant tout aussi discriminatoire que le cerveau. Mais toute la vie est une longue suite de discrimination. L’avantage du sport a ceci qu’il présente des valeurs simples alors qu’avec l’intelligence elles vont se compliquer au fur et à mesure qu’elle s’élève et perdront ainsi leur accessibilité. Il est possible pour tout le monde de se pâmer devant Usain Bolt, par exemple. Ainsi à l’engouement d’un peuple pour un écrivain légendaire comme Victor Hugo ou Shakespeare s’est substituée la notion de supporter d’une équipe sportive.

Et les inégalités de se creuser davantage cachée qu’elles sont derrière la soi-disant capacité pour tous, génératrice d’ailleurs de fortes déceptions, d’accéder au nirvana de la richesse grâce à ses muscles.

Les ventes aux enchères sont aussi le reflet de l’attraction des populations pour les compétitions même si il semble évident que l’engouement pour un athlète olympique (Alain Mimoun, Guy Drut, Marie-José Pérec…), pour un joueur de rugby (Spanghéro, Blanco…) ou pour un footballeur a énormément diminué, un peu comme si les nouveaux ne représentent plus vraiment la nation et le peuple pour laquelle ils concourent et donc ne jouent que pour eux-mêmes au bout du compte, perdus dans une mondialisation qui en a fait des apatrides ce que ressentent bien les supporteurs.

Les ventes aux enchères dispersent de temps en temps des affiches, des maillots, parfois même des flammes olympiques. Le 29 octobre dernier, il s’agissait de vendre à l’encan des photographies du journal l’Equipe à Drouot chez Boisgirard Antonini. La salle était visiblement composée de gens du monde sportif, des téléphones prenaient les enchères de personnes probablement connues. L’engouement fut assez relatif avec pas mal d’invendus et sinon des prix tournant autour de mille euros. Néanmoins des exceptions notables:

D’abord la splendide photographie, en une, du nageur Camille Lacourt aux JO de Rio en 2016 qui malgré le résultat moyen du sportif décrocha le record de la vente à 16 744 €. ( Tirage unique postérieur. Edition 1/1. Impression sur papier Hahnemühle Photo Rag®Metallic 340g. Encadrement d’art Flamant. 80 x 120 cm )

Ensuite le basket masculin à la fin de la vacation eut les honneurs des enchérisseurs. La photo, ci-dessous, tirée du match Chine Etats-Unis aux JO de Pékin en 2008 ( Tirage unique postérieur. Edition 1/1. Impression sur papier Hahnemühle FineArt Baryta Satin 300g. Encadrement d’art Flamant. 80 x 120 cm ) fit 7884 €.

Cette autre, finale Etats-Unis Croatie en 1992 aux JO de Barcelone ( Tirage unique postérieur avec Michael Jordan et Petrovic. Edition 1/1. Impression sur papier Hahnemühle FineArt Baryta Satin 300g. Encadrement d’art Flamant. 80 x 120 cm ) trouva preneur à 5410 €.

Enfin dernier exemple (il y a d’autres sommes importantes concernant le basket mais changeons!) cette fois avec Nadia Comaneci, en 76 à Montréal, l’année où Guy Drut gagna le 110 m haies, moment où j’étais en voyage linguistique dans une famille anglaise qui à cette occasion m’avait félicité de cette victoire en tant que français, et j’en étais très fier (!), bref Nadia Comaneci ( Tirage unique postérieur. Edition 1/1. Impression sur papier Awagami Bizan White Medium Handmade 200g. Encadrement d’art Flamant. Floating box sur mesure. 42 X 59,5 cm ) obtint 3735 €.

Frédéric Le Quer

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