Du duc d’Édimbourg aux dîners clandestins

Par samedi 10 avril 2021 Permalink 1

Des événements sans rapport apparent se télescopent parfois dans l’actualité pour donner une grille de lecture intéressante. Deux sujets font la une, les dîners clandestins et le décès du duc d’Édimbourg.

La guimauve dégouline dans la presse britannique. Il serait demandé au pape la canonisation du mari de la reine Elisabeth si il était catholique! Ce tueur d’animaux sauvages sans pitié, milliardaire imbu de son rang, plein de lui-même et sans grande sympathie pour ses compatriotes comme lors de son dernier accident de voiture où il n’a jamais présenté ses excuses à la victime, est maintenant paré de toutes les vertus. Le Daily Mail s’inquiète aussi de savoir “comment la reine va-t-elle faire face sans l’homme qu’elle adore depuis qu’elle est toute petite?” Tout cela est sirupeux à souhait et peut-être bien que ça fait pleurer dans les chaumières du Royaume Uni… Le français que je suis, regarde ça un peu dubitatif même s’il sent bien que la presse de son pays tente de l’impliquer dans cette histoire qui ne le concerne pas.

Mais, dans le fond, la reine d’Angleterre a toujours su se tenir à coté de son peuple dans les drames qu’il a traversé. Son aura qui vient de loin avec son engagement au cours de la seconde guerre mondiale, rejaillit sur sa famille et permet à celle-ci de conserver un semblant de légitimité. Et les gens continuent d’adhérer au folklore suranné qui se joue devant eux.

De l’autre coté de la Manche, il en va bien autrement. Notre élite ne peut justifier d’aucun rayonnement particulier à aucun moment. On la sait malhonnête, corrompue, mais plus grave, on ne la perçoit pas comme supérieure intellectuellement. Personne ne la respecte, chacun pensant qu’il ne serait pas plus mauvais que ceux qui ont en ce moment l’argent et le pouvoir. Leurs avantages sont indus. Et quand la haute société française bâfre en douce, se délectant des mets délicats que personne ne mange jamais à part elle, tout en enfermant le peuple sous peine d’amendes élevées pour lui mais ne représentant qu’un tiers du prix d’un dîner dans son monde, le sans culotte qui sommeille, se réveille énervé. On pourrait tous les virer et en mettre des nouveaux à la place que la situation du pays ne serait pas pire. Toutes ces fines gueules sont dans l’esprit des français associées au déclin de leur pays.

Aucune élite ne peut résister longtemps à sa propre incurie. Surtout en France. Mais son chant du cygne ne sera peut-être pas aussi mélodieux que celui du prince consort.

Frédéric Le Quer

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