Du déconfinement

Par jeudi 2 avril 2020 Permalink 1

Toute la presse s’épanche à propos du déconfinement. Le premier ministre a lancé le sujet cherchant à laisser entrevoir une lumière au bout du tunnel, comme on dit! Une petite lumière. Une veilleuse plutôt avec ce concept de déconfinement progressif. Il n’est pas question d’avoir confiance en l’intelligence de chacun pour autoriser une relative libre circulation. Non, personne ne semble croire en l’intelligence du peuple. Le peuple est par définition crétin pour ceux qui gouvernent actuellement. Il ne comprend que les attaques au porte-monnaie. Les amendes et plus elles sont lourdes mieux il obéit. (Je parle ici évidemment du peuple français pas de celui des banlieues qui se fiche des amendes qu’il ne paiera jamais sachant qu’il en sera exonéré après avoir été pleuré devant un juge ou une assistante sociale. Celui-là n’a du coup jamais été confiné. Certes, il est en train de remplir les hôpitaux mais comme tout lui est permis… Peut-être finira-t-il par s’auto-immuniser du covid-19? Voilà un cas pratique que la science devra étudier…)

Non, la progressivité du déconfinement concerne les gens… normaux. Et pour eux, une hypothèse assez stigmatisante, ma foi, qui fait son chemin, est de laisser confiner les vieux ad vitam aeternam, c’est le moment de le dire, et de les obliger à regarder par leur fenêtre la vie dehors. Comme petit à petit elle sera automatiquement plus animée, ça leur fera de la distraction, c’est sûr. Mais c’est peut-être oublier un peu vite tous les gens plus jeunes qui ont des co-morbidités ou des gènes moins efficientes que pourraient l’être ceux de leurs aînés et qui ne mériteraient pas plus de sortir. Alors le gouvernement hésite. Cette solution qui ne coûte pas cher n’a guère de fondement scientifique. Mais elle ne coûte pas cher. Et ça c’est bien. C’est bien mais pas très digne.

L’autre solution serait de tester la France entière et de laisser sortir les gens qui n’ont a priori pas de risque d’avoir le covid-19 parce qu’ils l’ont déjà eu. Non seulement c’est trop cher pour être dans les moyens de l’état mais c’est aussi punir tous ceux qui en respectant scrupuleusement d’abord les gestes barrières puis le confinement ont grâce à cela évité d’être contaminés. Les premiers seront les derniers, d’accord, mais c’est dur, dur…

Il ne reste plus que le déconfinement géographique qui déconfinerait les gens d’un département à condition qu’ils restent dans leur département. Voilà encore un beau retour des frontières avec une libre circulation très très relative…

On voit que le fait de sortir librement va devenir un privilège et comme tout privilège, une injustice. Quand l’état autoritaire tel qu’il est actuellement se met en marche, il lui est difficile de revenir en arrière. Edouard Philippe en refusant un déconfinement général s’enferme dans un totalitarisme pour des raisons qui si au commencement peuvent à la rigueur se justifier (personnellement je n’ai jamais souscrit au confinement), deviennent vite abusives et attentatoires aux libertés. Il faut donc que l’état accepte de relâcher son emprise actuelle sur le peuple du jour au lendemain. La liberté est une rupture. Pour redevenir des citoyens, il faudra bientôt affronter le pouvoir et déchirer purement et simplement nos ausweis.

Frédéric Le Quer

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