Du coronavirus pour sauver le prolétariat

Par mardi 4 août 2020 Permalink 2

La société ne se divise plus entre bourgeoisie et prolétariat. La bourgeoisie est trop éloignée de la société. Elle est ailleurs dorénavant, trop haute, hors du monde. L’oppression demeure mais plus personne ne voit vraiment qui tient le bâton. Les nouveaux modes de communication sont passés par là. La bourgeoisie s’est emparée une bonne fois pour toute du pouvoir politique, aucune crise économique ne la fera lâcher prise; elle fera d’une société, de sa culture, de son histoire, un champ de ruine plutôt que de passer la main. La destruction, créatrice d’une nouvelle classe dominante, est du passé. Les mêmes toujours les mêmes tiennent les manettes. La paresse crasse des immigrés faisant la queue devant la CAF est leur assurance vie. La voyoucratie des villes, “cette lie de la plus basse couche de la société” (Marx) protégée par la bourgeoisie lui reste fidèle contre le prolétariat.

C’est  pour ça que la crise épidémiologique fait si peur. Seule une épidémie de grande ampleur comme l’histoire en a d’ailleurs connu, est susceptible de changer la donne par son mortel universalisme. La bourgeoisie “a noyé l’extase religieuse, l’enthousiasme chevaleresque, la sentimentalité du petit bourgeois, dans les eaux glacées du calcul égoïste” comme a dit Karl Marx. Mais son calcul égoïste prend du plomb dans l’aile quand un virus chinois l’attaque. Donald Trump l’a bien compris. Si le marché mondial est sa démoniaque création, un simple coronavirus devient une épée de Damoclès.

Sa seule épée de Damoclès puisque le prolétariat ne joue plus son rôle dialectique depuis que le despotisme de la bourgeoisie a su se parer des plumes du paon pour ne plus sembler “odieux et exaspérant”. La précarité n’apparaît dorénavant plus la faute de la bourgeoisie qui fait comme si elle souffrait de l’injustice. Magnifique tartuferie quand on voit tous ces chefs de multinationales feindre de chercher des solutions aux accentuations constantes des inégalités! La démocratie libérale est devenue à la fois un rempart et un artifice pour que le prolétariat trouve à qui s’en prendre sans que la bourgeoisie soit directement concernée bien qu’elle détienne tous les leviers. Les élus du peuple, tous alliés objectifs de la haute bourgeoisie, sont des leurres, de faux responsables politiques qui changent souvent sans que pour autant rien ne change évidemment.

Cependant la bourgeoisie demande le concours du prolétariat avec cette histoire de port du masque, de gestes barrières et plus tard de la vaccination forcée, obligatoire sous peine d’amende et, sous peine de que sais-je, si ça ne suffit pas… La bourgeoisie a besoin du prolétariat pour se protéger du covid-19 car le virus laissé libre d’agir à sa guise est le moyen de faire sauter toutes les couches superposées qui constituent la société actuelle. Le prolétariat détient l’arme atomique s’il l’utilisait en refusant de participer au combat contre le virus. Le jeu est vaut la chandelle mais on est arrivé à un point où il n’a même plus conscience de lui-même, de son état, telles ces petites mains travaillant au risque de leur vie pendant le confinement pour garder à flot la société comme si elles avaient quelque chose à perdre.

Frédéric Le Quer

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