Du consentement à l’impôt

Par mercredi 21 novembre 2018 Permalink 1

L’actualité se télescope ces jours-ci à propos du consentement à l’impôt. Carlos Ghosn est arrêté au Japon pour fraude fiscale. Le mouvement des gilets jaunes naît avec la prise de conscience que la charge des impôts est un insurmontable fardeau imposé par l’état. A chaque extrémité de l’échelle sociale, sa rébellion! Si le cas du PDG de Renault-Nissan n’est guère justifiable, le vif mécontentement de la population sur la multiplication des taxes à son encontre s’explique.

Dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, l’article 13 affirme la nécessité de l’impôt et les articles 14 et 15 mettent l’accent sur le consentement à celui-ci, son acceptabilité en fonction de la part prélevée ou de ce qui est fait des deniers publics. Carlos Ghosn voit dans l’accumulation égoïste de son fric une raison d’être; comme dorénavant la plupart des multinationales et des milliardaires, il s’estime devoir être exonéré d’impôt le plus possible. “Optimisation fiscale” est d’ailleurs l’expression inventée pour rendre tolérable cet état d’esprit par les citoyens. Les gilets jaunes, loin du pays merveilleux de l’optimisation fiscale, demandent, comme dans toutes les jacqueries, qu’il leur reste juste assez pour survivre après avoir payé les taxes. La rémunération d’un patron du CAC 40 représente 140 fois le salaire moyen, moyen pas médian, des salaires pratiqués dans son entreprise. Et les salariés de grands groupes ne sont pas les plus à plaindre en terme de rémunération. Les inégalités gangrènent donc notre société.

A peine arrivé au pouvoir, Emmanuel Macron a répondu à cette question en exonérant les riches de l’impôt sur la fortune et en leur facilitant l’exil fiscal. Il a ainsi remercié ses parrains… Quant à la population, il lui a augmenté les taxes et lui a inventé des obligations incongrues pour pouvoir multiplier les amendes. Comment s’étonner que le consentement à l’impôt est du plomb dans l’aile? Les médias tentent maintenant de rabaisser, avilir les contestataires pour discréditer le mouvement des gilets jaunes qui ne demande qu’un peu plus de justice sociale. Sous l’ancien régime, le pouvoir royal coupait les têtes des récalcitrants, aujourd’hui le gouvernement les salit, les discrédite sur la place publique, celle des grands médias, pour les empêcher de lui nuire. Si les français gobent et s’écrasent, ils mériteront alors d’être saignés à blanc.

Frédéric Le Quer