Du consensus au complotisme

Par mercredi 26 mai 2021 Permalink 1

Philippe Bilger, le magistrat, émettait l’idée à la télévision qu’une partie de la population se crispait dès qu’il y avait un large consensus en faveur d’un sujet, là je crois qu’il s’agissait de la vaccination, mais peu importe. Et il en restait là. L’envie de défendre cette minorité de plus en plus pointée du doigt, taxée systématiquement de complotiste, ravalée au rang de nuisible vient forcément quand la bien pensance plus active que jamais pratique de plus en plus cette cancel culture correspondant à un déni de la société telle qu’elle est. Le consensus affadit tout. Le consensus est l’appauvrissement de toute pensée. Le consensus intime l’ordre de délaisser tout raisonnement pour rejoindre le groupe, pour rejoindre la majorité. La bien pensance s’est depuis des années appropriée le consensus rejetant et stigmatisant ceux qui sont en dehors du cercle. Depuis des années, l’esprit moutonnier qu’on a tous plus ou moins, pousse chacun à entrer dans ce cercle en abandonnant son droit à être intelligent. Le consensus est un diktat.

Alors pour la vaccination anti covid, impossible d’émettre la moindre suspicion. Impossible non plus de penser que l’immigration est un drame pour la France. Impossible de vanter le modèle japonais sociétalement isolationniste et qui ne s’en porte pourtant pas plus mal, loin de là, grâce à sa société homogène. Impossible de dire qu’on est bien moins heureux avec 65 millions d’habitants qu’avec 50. Impossible d’être révolté par l’interdiction du moteur diesel qui consomme moins et qui était un domaine d’excellence de l’industrie française. Impossible de voir dans l’énergie renouvelable une ânerie qui va nous pourrir la vie et limiter nos libertés. Non il y aurait pour tous ces sujets cruciaux et plein d’autres aussi, un consensus qui empêche d’en débattre. Et quand la bien pensance qui a happé tous nos gouvernants depuis 40 ans, n’est pas tout à fait sure d’elle au niveau hexagonal, elle proclame que le consensus est international sur telle ou telle question. Circulez, il n’y a rien à voir.

Alors la pensée minoritaire devient une bouffée d’oxygène. Elle rassure, mieux elle épanouit ceux qui en sont, en leur donnant le goût et la volonté de combattre le monde tel qu’il devient. Une soupape s’est même ouverte, la parole se libère et ceux qui la prennent n’ont plus peur de se voir taxer de complotistes.

Frédéric Le Quer

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