Du carburant pour la révolution

Par vendredi 2 novembre 2018 Permalink 1

La démarche consistant à stigmatiser les mécontents des prix du carburant en les affublant d’oripeaux  populistes-extrême droite (rien ne peut être pire!) est en train de se retourner contre les sophistes propagandistes macronistes. Ils ont cru encore une fois que leurs attaques suffiraient à faire honte à ceux qui se plaignent, pour qu’ils se taisent. Mais ils n’y arrivent pas et vont réussir en revanche à banaliser pour les prochaines élections le vote anti européen, anti mondialisation.

C’est peut-être un tournant auquel on assiste actuellement. La France était l’un des derniers pays où les élites pouvaient avec leurs mots faire voter les gens contre leurs intérêts. La tradition intellectualiste qu’on peut faire remonter à Voltaire ou Diderot, devait y être pour quelque chose. Le citoyen écoutait jusque là respectueux, les diatribes droit de l’hommiste, globaliste qui permettent à la ploutocratie de faire passer ses intérêts pour ceux du peuple. Mais celui-ci se rend enfin compte qu’on se moque de lui, que ceux qui bouffent du kérozène d’un aéroport à l’autre à travers la planète ne savent que stipendier les trajets de la personne qui travaille entre Trifouillis les Oies et Bécon les Bruyères!

Et c’en est trop de les voir s’afficher comme le président en vacances, avec des cuirs de 10 000 € le bout, de les voir se plaindre d’une malheureuse perquisition alors que jamais les huissiers n’ont eu autant de travail pour recouvrer des petites dettes de pauvres gens, d’observer profiter d’aides sociales un couple soi-disant insoumis qui se fait au moins 20 000 € par mois, de les voir avec leurs emplois fictifs donner les leçons sur la valeur travail, bref, de les voir se foutre de la gueule du peuple interrogés par des journalistes complaisants, dans l’entre-soi, sous les sun light des projecteurs.

Dans notre pays si longtemps amorphe, la prise de conscience des citoyens peut être tumultueuse. Les prix du carburant sont l’étincelle capable de mettre le feu aux poudres d’autant que les révélations continues sur le double langage des dirigeants décomplexent enfin les protestataires.

Frédéric Le Quer