Drouot: Vente courante avec Félicien Rops ou pas!

Par Jeudi 5 avril 2018 Permalink 1

Hier à Drouot, chez Tessier Sarrou ovv, une bonne vente courante était organisée. Une bonne vente courante comme on n’en voit de moins en moins, hélas! Des objets divers et variés sur lesquels les acheteurs prennent leur responsabilité, pas de liste, pas de catalogue, sont proposés à une cadence élevée ne laissant que peu la place à l’hésitation de la part de celui qui est intéressé. Il faut foncer ou ne pas acheter. On n’est jamais tout à fait sûr, jusqu’au moment de rentrer chez soi, d’avoir acquis quelque chose de bien ou une cochonnerie de plus; il a fallu décider vite en faisant confiance à son coup d’œil! ça n’empêche pas une ambiance sympathique dans la salle comble grâce au commissaire priseur détendu. Son rôle est aussi d’être cool car les enchérisseurs ne doivent pas stresser, ni se poser trop de questions. Donner du rythme sans créer de tension est une alchimie pas facile à réussir…

Donc, salle 1, au premier étage de l’hotel Drouot, la vente à l’encan débuta comme d’habitude par des livres. Les libraires parisiens s’agglutinaient autour de chaque lot proposé laissant peu de chance, à celui qui n’en était pas, d’acheter quoique que ce soit. D’ailleurs à part eux personne ne voyait rien! Enfin ils partirent et la dispersion des tableaux commença. Au cours de cette partie de la vente fut proposé un petit panneau biseauté avec en bas une signature presque illisible doté d’un cartouche sur le cadre mentionnant le nom de Félicien Rops (1833-1890); au dos une étiquette d’exposition ancienne mais sibylline ne laissait pas comprendre le lieu et la date de celle-ci. Félicien Rops est une pointure, un artiste belge qui se vend cher, versé dans la scène de genre érotique comme celle ci-dessous, un pastel (20 x 14 cm) intitulé Mademoiselle de Maupin vendue chez Galerie de Chartres ovv le 26 mars 2017, pour 23 400 €.SAM_6600 Là rien à voir, il s’agissait d’un paysage composé d’aplats de couleurs pures (voir la méchante photo en une) presque fauve avant l’heure. Le commissaire priseur regarda le lot comme s’il ne l’avait pas remarqué avant (tu parles!), se garda bien de mentionner le nom de Félicien Rops mais indiqua la présence de l’étiquette d’exposition tout en prenant une moue dubitative. Il ne savait pas. Ses recherches n’avaient rien donné. La provenance ne devait lui laisser que peu d’illusion. Il commença néanmoins les enchères à 200 € somme dérisoire pour Félicien Rops mais élevée si on ne regarde que le petit tableau… Cela n’empêcha pas les gens de se précipiter immédiatement mais de façon raisonnable. Un marchand acquit l’oeuvre au final pour un peu moins de 1500 €. S’il arrive à avoir un certificat d’authenticité d’un expert reconnu, au fait de l’oeuvre du peintre, la marge sera phénoménale. Sinon, il verra bien…

Enfin terminons cette chronique d’une vente classique par un meuble! Le bonheur du jour typiquement Napoléon III, ci-dessous, largement à faire restaurer par un ébéniste (coût autour de 1000 € probablement)  fit quand même en l’état autour de 700 €. Les meubles Napoléon III à condition qu’ils soient noirs, qu’ils aient des bronzes dorés et des incrustations de laiton ou de nacre, restent très recherchés.SAM_6599

Frédéric Le Quer