Drouot, Eugène Boudin et les autres…

Par jeudi 27 février 2020 Permalink 1

Dans une salle archi comble de l’hôtel Drouot au premier étage où le coronavirus pouvait s’en donner à cœur joie (!), une intéressante vente aux enchères correspondant à une succession était organisée par la maison Fraysse & associés. Quatre tableaux d’Eugène Boudin dans la même vacation est rare. Si on ajoute un Renoir et un Pissaro, cela tient du musée! En prime un tableau de Stanislas Lépine s’offrait aux yeux et au porte-monnaie du public. On a déjà parlé ici de la cote de tous ces grands peintres que vous pouvez retrouver en cliquant sur l’onglet “art” à droite sur la page d’accueil. Voyez cette chronique comme une mise à jour!

Concernant Boudin, d’abord l’aquarelle ci-dessous signée et datée EB 65 en bas à droite, 17,5 x 25,5 cm (insolée), elle fut disputée entre la salle et 2 téléphones (Il n’y aura pas d’internet, des frais de 3,4% s’ajoutant aux 26,6% de frais acheteurs si ce médium était utilisé). 8862 € étaient déboursés par un monsieur debout au fond près de la porte, pour se l’approprier contre une estimation haute de 4 000 €.
Et maintenant les choses sérieuses avec le tableau en une, en général les commissaires priseurs commencent toujours par ce qu’ils estiment être le plus beau tableau pour donner ensuite une impulsion à la vacation). C’est ce que Me Fraysse fit en proposant Berck, “Le chargement du poisson”, huile sur toile, signée et datée 1883 en bas à gauche (restaurations), 49 x 74 cm. Estimée entre 60 et 80 000 €. Un téléphone batailla contre un autre jusqu’à 183 570 € pour l’obtenir. Ci-dessous, la petite huile sur panneau estimée entre 80 000 et 120 000 € à cause de la provenance particulièrement prestigieuse ayant appartenu entre autre au marchand d’art Henri Rouart (le snobisme n’est jamais étranger au marché de l’art!), Scène de plage, signée en bas à droite et datée septembre 69, 18 x 32,5 cm, fut remportée par un téléphone contre la salle à 177 240 €.
Terminons les Boudin avec “Le passage. Embouchure de la rivière de Landerneau (Finistère)”, Huile sur toile estimés entre 80 000 et 100 000 €, signée et datée en bas à gauche 72, titrée au dos, de la main de l’artiste, 40,5 x 65,5 cm qu’un couple en salle de personnes d’un certain âge, des bretons peut-être, s’offrit contre 177 204 €, soit la même somme que le précédent lot.
A ce déjà bel ensemble, rajoutons donc le Renoir (ci-dessous), de sa dernière période (1905) qui vient après celle que les historiens d’art appellent la période sèche, “La baigneuse assise”, huile sur toile, signée en bas à gauche, 35,3 x 27,2 cm qui atteint 487 410 € alors que l’estimation ne dépassait pas 200, 300 000 €.
Camille Pissaro ne trouva pas preneur. Le commissaire priseur débuta à 200 000 € puis monta tout seul jusqu’à 510 000 €, le prix de réserve certainement, avant de retirer cette “Cour de ferme à Melleraye (Mayenne)”, huile sur toile, ci-dessous, signée et datée en bas à droite 1876, 54 x 65 cm.
Terminons notre inventaire par Stanislas Victor Edmond LEPINE (1835-1892 ), “La Seine à Charenton”, ci-dessous, vers 1880, huile sur toile signée en bas à gauche (réentoilée, repeints), 49 x 76 cm, un peu du Eugène Boudin en moins cher, proposée d’ailleurs en entrée, estimée entre 5 000 et 7000 € et vendue 15 192 €!

Frédéric Le Quer

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