Distorsion de concurrence à la présidentielle

Par vendredi 31 décembre 2021 Permalink 1

Ce matin, sur France Culture, la tranche horaire entre 7h30 et 8h30 laissait entrevoir la manière dont la présidence française de l’Union Européenne allait peser sur l’élection présidentielle. Pendant cette heure d’information, le nom d’Emmanuel Macron a été répété à de multiples reprises, inéluctablement d’ailleurs, mais sans que ses concurrents à l’Elysée ne soient jamais mentionnés à part une fois Eric Zemmour de manière négative en rapport avec la Russie. Si l’actualité nécessite de parler d’Europe, il est difficile de reprocher aux journalistes de mentionner le président français. En même temps, cette complaisance pour l’exécutif nuit gravement à la démocratie faisant passer Emmanuel Macron comme un sachant, comme un meneur du jeu européen, comme un décideur aux manettes, tout en laissant les autres candidats au rang de commentateurs ou d’idéalistes plus ou moins incompétents. C’est facile. C’est aussi très malhonnête.

Emmanuel Macron, en honnête homme, aurait très bien pu décaler la présidence de la France au second semestre 2022. Mais il n’est pas un honnête homme et, en opportuniste tricheur et prétentieux, il a vu là l’occasion de se mettre en valeur, de se démultiplier dans tous les médias, d’obtenir une audience abusive que ses adversaires politiques n’auront pas. Et soyons sûrs que le CSA ou quelque soit son nouveau nom ne viendra pas lui décompter cette prise de parole qui le favorise au détriment des autres.

Et comme si ce n’était pas suffisant, la mise en exergue d’une épidémie fantoche permet un inlassable discours sur des mesures sanitaires liberticides mais présentées comme l’assurance vie des français. Les médecins de plateau-télé rameutent maintenant le “vieux” variant delta pour pouvoir continuer à créer la psychose dans la population, l’omicron (prononcez à l’anglaise omicrone pour pas que le nom de Macron soit transformé en virus!) donc l’omicron ne tenant pas ses promesses, comme Macrone d’ailleurs (!). Intéressant de constater à ce sujet que depuis plus de 6 mois que Delta sévit, aucun vaccin axé sur ce variant n’a été proposé alors que soi-disant l’arn messager permettait de la souplesse et pouvait facilement s’adapter à toute évolution de l’épidémie comme Véran l’avait si doctement expliqué.

Enfin bref, il va être très visible qu’entre le coronavirus et l’UE, les adversaires d’Emmanuel Macron n’auront qu’à bien se tenir jusqu’en avril leur restant que la portion congrue des temps d’antenne. Et tant pis pour la démocratie!

Frédéric Le Quer

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