Désintox coronavirus

Par mardi 5 mai 2020 Permalink 1

Sibeth N’Diaye a annoncé que le gouvernement voulait devenir l’arbitre des élégances médiatiques concernant la crise sanitaire grâce à la création de son site internet “Désintox coronavirus”. C’est une revue de presse répertoriant seulement les articles qui ont l’heur de plaire aux ministres. Cette petite manœuvre propagandiste supplémentaire qui pour une fois n’avance pas masquée, est plutôt rafraîchissante en drainant une espèce de naïveté qui pourrait avoir un certain charme venue d’un militant LREM blogueur. De la part des dirigeants, cela montre surtout encore une fois leur connerie. Comment peuvent-ils mieux discréditer des journalistes qui leur sont fidèles qu’en les adoubant officiellement?

Les médias dont on connaissait déjà bien la ligne éditoriale très pro gouvernementale sont évidemment particulièrement mécontents de cette reconnaissance ressentie comme un coup de poignard dans le dos. Ces macronistes s’indignent en craignant de passer pour ce qu’ils sont… au grand jour! En effet la presse honorée par cette riche initiative comprend sans surprise tous les rejetons de l’ORTF immatriculés francetvinfo, l’AFP, Le Monde, Libération ou encore 20 minutes. Ceux qui ne sont pas encore dans la revue de presse bien qu’ils le mériteraient tout autant, comme BFM, Le Parisien, L’Express, L’Obs, Paris Match, Les Echos, etc, craignent d’y entrer et se mobilisent avec une tribune sur Mediapart qui a pour but de faire reculer le pouvoir. C’est guignolesque et cela montre parfaitement l’absence de diversité des opinions dans les médias. Ils se tiennent tous par la barbichette et promeuvent le même idéal sociétal. Les médias obéissent au pouvoir et le pouvoir est ce qu’il est grâce aux médias.

Heureusement qu’il existe dorénavant les réseaux sociaux pour assurer la pluralité de l’information. S’ils pouvaient être anéantis par tous les “grands démocrates” dont on vient de parler, ils le seraient, mais la technologie est devenue le gage d’une liberté pouvant diffuser aussi bien la parole de gilets jaunes que celle d’un mandarin d’hôpital. L’anarchie qui y règne est garante de l’espoir qu’un jour le pouvoir basculera véritablement.

Frédéric Le Quer

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