Désengagement

Par Vendredi 23 février 2018 Permalink 2

Le mot “désengagement” est le grand sésame de l’action gouvernementale. Le désengagement de l’état est partout, tout le temps. Désengagement de l’état vis à vis des collectivités locales, désengagement de l’état vis à vis de l’agriculture, désengagement de l’état vis à vis de la SNCF, etc, etc… Le mot allait jusque là avec l’adjectif financier. Moins d’argent. Depuis aujourd’hui le mot “désengagement” va avec violence, violence islamiste s’entend. “Désengagement de la violence”. Il ne s’agit plus de déradicaliser les musulmans extrémistes, il est plus modestement question de les désengager de la violence. Ils peuvent bien rester des fondamentalistes, du moment qu’ils ne s’attaquent pas directement à leur prochain, cela ira très bien. Devant l’échec des centres de déradicalisation sous François Hollande, le gouvernement va mettre en place des mesures de désengagement à cogner un gardien de prison, à liquider les infidèles, à séquestrer les nanas. Ce dernier point n’est pas certain d’ailleurs!

Nonobstant le manque d’ambition que cela implique, il faut aussi voir plus généralement avec ce mot “désengagement” l’alpha et l’oméga de la pensée politique d’Emmanuel Macron et ses sbires. Plus question de s’engager pour des idées quelles qu’elles soient. On se bat pour le fric, on pense au fric, la réussite, c’est le fric. L’engagement c’est malsain, inutile, une perte de temps. L’engagement contre le monde comme il va est une affaire de don Quichotte. L’engagement, c’est risqué de voir quelqu’un participer à une oeuvre qui n’est pas du gout de nos dirigeants. L’engagement c’est réfléchir, choisir et se donner à ce choix. L’engagement est bien trop subversif pour ne pas effrayer ceux qui nous gouvernent. Il faut alors désengager intellectuellement comme on désengage financièrement. Les médias mainstream y travaillent avec un acharnement qui fait froid dans le dos: plus c’est con, plus l’info est généraliste (le temps, le sport, les faits divers…), plus c’est diffusé.

“Désengagement” sera le mot clé du quinquennat. On ne pouvait pas s’attendre à mieux.