Des “saucisson pinard” aux gilets jaunes

Par mardi 25 décembre 2018 Permalink 2

Depuis des années, nos caciques jouent avec de la nitroglycérine. Ils croient pouvoir faire fi de coutumes alimentaires, d’habitudes calendaires, enfin d’un mode de vie français, pour jeter les citoyens dans la confusion en les détachant de leurs traditions. Souvenez-vous de la période des apéros “saucisson pinard” que le pouvoir sarkozyste, et oui c’était en 2010, avait fait interdire, la trouvant politiquement incorrect. Les français osaient assumer boire de l’alcool et manger du porc dans une France qu’on voulait multiculturelle! Quelques années plus tard, les gilets jaunes sont en quelque sorte les héritiers de ce mouvement innocent. A l’époque, le pouvoir l’avait brisé et pensait ne plus entendre parler des français qui bouffaient du sifflard et se tapaient un coup de pichtegorne! Pas classe! Pas dans la globalisation! Ils ne faisaient pourtant rien de mal ces citoyens sinon chercher du lien social, chercher à se retrouver avec des gens comme eux, qui leur ressemblent. Ce n’est pas honteux, au contraire, ça forge un peuple, c’est rassurant.

Avec le mouvement des gilets jaunes, ceux qu’on avaient chassés par la porte rentrent par la fenêtre et en profitent pour foutre le bordel. Ceux qui étaient sages sont devenus des loups. Ceux qu’on a brimés, inhibés, font exploser les interdits du pouvoir. Le peuple est une cocotte-minute dans laquelle les besoins, les émotions, les cris d’amour et les cris de désespoir bouillonnent, s’entrechoquent. Toutes ces pulsions collectives ont une force exceptionnelle et libérées peuvent tout aussi bien détruire que créer. C’est l’heure de la destruction. Alors on les voit ceux qui ont tant à perdre, de gauche et de droite, défilés à la télé, demandant, exigeant, décrétant le retour au calme, à la normale. Ils tapent du pied, jouent les enfants gâtés, déconsidèrent et tentent d’avilir ces gilets jaunes qui leur nuisent tant. Mais ces derniers sont toujours là. Le défi de Noel sur les ronds points a été relevé. Et quand maintenant des bien pensants demandent ce qu’ils attendent encore du pouvoir en place, les mobilisés ne répondent pas, pudiques qu’ils sont vis à vis de leur jusqu’au-boutisme. La fin du régime. Dehors, ceux qui interviewent, dehors les députés, dehors tous ces politiciens qui se gavent et qu’on voit jamais, dehors tous ces richards dont on nous dit que sans ceux rien n’est possible, dehors le gouvernement, dehors Macron. Dehors ces gens qui réussissent et place à ceux qui ne sont rien.

De ces derniers sortiront des géants et pour d’autres rien ne changera vraiment. Mais le cocotier aura été secoué.

Joyeux Noel

Frédéric Le Quer

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